Chiara Perez : Les deux orphelines

Les deux orphelines     par    Chiara Perez.

Les destins de deux orphelines sous la Révolution

Prem’Edit (2017), 138 pages.

 

« … 29 juillet 1794, ou plutôt 11 thermidor de l’an III comme on disait à présent… À l’image de tout le pays, ils espéraient qu’une nouvelle ère, meilleure, s’ouvrait pour la France… » Par ces mots pleins d’optimisme, Chiara Perez (18 ans) conclut son premier roman, premier roman qu’elle a osé écrire sur la période révolutionnaire, une tâche ardue et périlleuse.

 

 

Avec une écriture qu’elle maîtrise remarquablement, Chiara Perez a réussi à faire vivre deux adolescentes, Constance et Augustine, au milieu de cette Révolution si cruciale pour notre pays. Toutes les deux, elles sont prises dans un tourbillon où se mélangent les espoirs les plus fous et la violence extrême dans laquelle les hommes tombent très vite.

 

 

J’ai pensé, au début, aux Berges du Marais, de Laetitia Montou mais Chiara Perez affirme vite son originalité, mettant en évidence le drame de ces enfants abandonnés, recueillis dans des institutions religieuses puis exploités le plus rapidement possible.

 

 

Constance (15 ans) se retrouve donc vite, avec Élodie, son amie, aux Fleurs Bleues. Elles doivent aussitôt travailler dur, manger peu et surtout ne rien dire ce que Constance ne supporte pas. Elle fuit mais on la recherche. Au même moment, la famille de Vilaroy subit de plein fouet les mesures prises par les révolutionnaires pour établir l’égalité entre les citoyens. Il n’y a plus de nobles, que des citoyens.

 

 

Augustine de Vilaroy (14 ans et demi) échappe de justesse à l’arrestation. Le hasard lui fait rencontrer Constance et les voilà parties dans une course folle pour échapper, l’une aux harpies des Fleurs Bleues, l’autre aux sans-culottes. Je me suis quand même demandé comment les poursuivants faisaient pour retrouver leurs proies alors qu’elles changeaient de nom et de lieu très rapidement. J’ai cru lire une promesse d’explication mais je ne l’ai pas vue… simple curiosité.

 

 

Comme elles, j’ai apprécié les pauses, trop courtes hélas, dans un village de la Manche ou à Poitiers. L’une a peur d’être retrouvée et l’autre pleure son ancienne vie. Au fil du récit, l’auteure permet de revisiter l’Histoire de France en parsemant les nouvelles qui parviennent aux oreilles des deux orphelines, jusqu’à la chute de Robespierre, la fin de la Terreur.

 

 

Dans Les deux orphelines, Chiara Perez (photo ci-dessus) qui a écrit ce roman à seize ans, révèle un talent précoce de conteuse avec une facilité évidente pour inventer des noms pour tous les personnages rencontrés. Elle maîtrise bien les rebondissements et sait surprendre son lecteur. Je ne peux que l’encourager à continuer à écrire et j’aurais aimé que ce roman soit publié par un éditeur de livres jeunesse ou jeunes adultes car il le mérite vraiment.

Jean-Paul

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LeGentilLecteur 21/10/2019 18:28

Ça me donne envie de le lire ! ????

Jean-Paul 21/10/2019 16:23

Je le pense aussi.

Mimi 21/10/2019 16:03

Un beau talent en devenir !

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