Sorj Chalandon : Une joie féroce

Une joie féroce     par    Sorj Chalandon.

Bernard Grasset (2019) 315 pages.

 

Quelle fin élégante et douce pour ce nouveau roman signé Sorj Chalandon ! Pourtant, tout au long de cette histoire de femmes solidaires et courageuses, j’ai côtoyé le drame, la maladie impitoyable, ces soins qui infligent tant de souffrances, qui flanquent des vies par terre pour tenter de la sauver, cette fameuse et unique vie dont nous héritons sans rien avoir demandé.

 

 

Cette maladie que nous avons souvent de la peine à nommer… Par contre, lorsque le mot est lâché, on entend chacun raconter la sienne et en rajouter. Cette maladie, c’est le cancer. Même si elle passe un peu au second plan durant la partie thriller du roman, elle est bien présente et rappelle vite à l’ordre celui ou celle qui a oublié son emprise.

 

 

Comme pour chaque roman de Sorj Chalandon, j’ai été emporté, captivé, secoué par ce qu’il décrit si bien, avec des mots si justes. Lorsque je l’avais rencontré, lors d’une fête du livre à Saint-Étienne, après la parution du Quatrième mur, il m’avait dit qu’il avait ramené du Liban un lourd sac de pierres et qu’il en partageait ainsi le fardeau avec ses lecteurs.

 

 

Ici, dans Une joie féroce, c’est un peu pareil avec ce cancer qui brise la vie ordonnée de Jeanne, cette héroïne qui m’a guidé au fil des pages et fait partager des moments peu ordinaires. En plus, elle travaille dans une librairie et je note que l’auteur sait bien parler de ses confrères.

 

 

Jeanne rencontre Brigitte lors de sa première chimio et naît, entre elles, une amitié profonde. Elles forment une équipe avec la jeune Melody, elle aussi en soins, et Assia, la compagne de Brigitte. Ces rencontres avec les différentes actrices du roman permettent de respirer un peu et d’oublier les conséquences des traitements car ces femmes ont leur histoire et j’ai bien apprécié les surprises réservées par l’auteur, avec des coups de théâtre même !

 

 

Quelques personnages masculins traversent le récit. S’ils sont médecins ou même receleur, ils font bien leur travail mais que dire de la lâcheté de Matt, le mari de Jeanne ? Il fuit, laisse tomber celle qui partage sa vie et se comporte comme un vrai salaud. D’ailleurs, et c’est bien ainsi, on l’oublie assez vite car, comme je l’ai déjà indiqué, le plus beau de ce roman, c’est l’amitié et la solidarité entre ces femmes malades.

 

 

 

C’est fort, très émouvant et en même temps, malgré la mort qui menace, une belle leçon de vie, Ces femmes partagent et communiquent Une joie féroce pour s’affranchir des pires difficultés, des pires souffrances qu’une existence peut réserver.

Jean-Paul

 

 

 

Romans de Sorj Chalandon (photo ci-dessus) déjà présentés sur le blog :

 

 

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Mimi 29/10/2019 22:45

Un livre fort et touchant que j’ai inscrit dans ma PAL. Merci de ce rappel.

Jean-Paul 30/10/2019 17:32

Inconditionnel de cet écrivain, je ne peux que vous le conseiller. Sorj Chalandon ne m'a jamais déçu.

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