Rivers Solomon : L'incivilité des fantômes

L’incivilité des fantômes      par     Rivers Solomon.

 Traduit de l’anglais (USA) par Francis Guévremont.

Titre original : An Unkindness of Ghosts.

Aux Forges de Vulcain (2019) 391 pages.

 

 

Racisme, violence, esclavage, idéal religieux, mysticisme, tout est bon pour asservir un peu plus le peuple tout en le faisant travailler dur. Matilda, cet immense vaisseau spatial qui a fui le désastre sur notre planète, il y a un millier d’années, fonce vers une destination hypothétique tout en assurant son fonctionnement et son approvisionnement grâce au travail des hommes et des femmes maintenus en infériorité.

 

 

C’est grâce aux Explorateurs de l’imaginaire de Lecteurs.com et aux éditions Aux Forges de Vulcain que j’ai pu lire et sentir mon cœur palpiter avec L’incivilité des fantômes, un roman de science-fiction qui a de bonnes résonances avec ce que vit notre monde aujourd’hui. Rivers Solomon (photo ci-dessous), pour son premier roman, réussit une belle performance et c’est bien qu’elle ait été éditée rapidement en français dans un livre très agréable à prendre en mains, grâce à ses deux rabats cartonnés. C’est un bel objet avec une couverture aux visages bien énigmatiques.

 

 

Aster, une jeune femme, fait partie des Bas-Pontiens, ceux qui sont cantonnés dans les bas-fonds de Matilda. Elle ne se laisse pas faire, soigne, guérit, aide les autres, découvre de nouveaux médicaments dans son botanarium, grâce à ses plantes. Elle a un ami précieux, Theo, le Général-Chirurgien. Ils s’aiment mais n’en ont pas le droit même si Theo l’emploie comme assistante.

 

 

Giselle, l’amie d’enfance d’Aster, a tellement subi de violences qu’elle frise la folie mais révèle une intelligence précieuse qui aide Aster à retrouver les traces de Lune, sa mère, qu’on dit morte à sa naissance.

 

Ce passionnant roman de science-fiction m’a fait vivre des moments intenses et souvent frémir devant la violence omniprésente des gardes toujours prêts à cogner, à violer. Aster et Giselle n’hésitent pas à les défier et en subissent de terribles conséquences.

 

Malgré tout ce qui se passe, les drames, les privations et cette espèce de dictateur sanguinaire, nommé Lieutenant, qui arrive au pouvoir, ma lecture a été sous-tendue par un espoir ténu, souvent mis en péril et… je n’en dirai pas plus.

 

Je n’oublie pas de saluer le traducteur, Francis Guévremont, qui a réussi une belle performance en trouvant des mots incroyables pour désigner, en français, une quantité d’appareils, de produits comme l’eidolon, le siluminium ou encore transcurviogétique, physiomatique ou aviotologiste mais Aster est alchimiticienne. Bref, des mots que nous ne connaissons pas encore…

Jean-Paul

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