Patrick Deville : Amazonia

Amazonia         par      Patrick Deville.

Seuil (2019) 295 pages.

 

Lire Patrick Deville, c’est se lancer dans une aventure riche en informations, réaliser un voyage à l’horizon infini. Même si une carte de l’Amérique du Sud termine Amazonia, l’auteur ne s’est pas gêné pour m’entraîner beaucoup plus loin, sur tous les continents, me ramenant de temps à autre en Europe.

 

 

Patrick Deville est avec Pierre, son fils, sur le fleuve Amazone qu’ils remontent petit à petit, passant par Santarém, Manaus, pour arriver à Iquitos, au Pérou. Le fils dessine, le père écrit et donne à son lecteur une quantité énorme, impressionnante d’informations, de rappels historiques que j’aimerais bien pouvoir retenir. Hélas, j’en suis bien incapable et il faudrait, en plus, lire tous les livres de sa bibliothèque de bord, liste que l’auteur donne à la fin de ce périple durant lequel, je dois l’avouer, j’ai parfois été un peu perdu.

 

 

Durant ce parcours du père et du fils, Patrick Deville ne laisse pas passer une occasion d’évoquer d’autres cas où père et fils ont marqué les lieux où ils se trouvent. Historique, géographique, scientifique, littéraire, le contexte de chaque site traversé donne l’occasion à l’auteur de fournir d’audacieuses échappées. C’est son style, sa façon d’écrire, comme j’avais pu le constater dans Taba-Taba, livre auquel il se réfère plusieurs fois.

 

 

Puisqu’il se trouve au Brésil, Patrick Deville ne peut manquer d’évoquer Claude Lévi-Strauss et Tristes tropiques mais il s’attache surtout au comportement de chaque explorateur vis-à-vis des indigènes et de la nature. Il s’avère que les deux ont été exploités de façon outrancière et ceci dès que les Européens ont commencé à s’installer sur ce continent.

 

 

Patrick Deville (photo ci-dessous) évoque aussi Alexandre Yersin, ce chercheur méconnu qui a découvert le bacille de la peste en 1894 et qu’il avait mis en lumière dans Peste et choléra. Le XIXe siècle est aussi celui de la guerre du caoutchouc et cette histoire folle de Cândido Rondon qui fait défricher la forêt pour poser une ligne de 1 500 km pour le télégraphe. Quand ce travail incroyable est terminé, avec tous les dégâts humains et naturels que cela suppose, la TSF est inventée et tout est abandonné…

 

 

Il parle aussi de Jules Verne qui écrivit La Jaganda sans jamais être allé au Brésil mais j’arrête là car il faudrait réécrire le livre pour tout citer !

 

 

Je note juste une habitude de l’auteur qui adore citer un événement et coller à côté un liste de faits s’étant produits à la même date. C’est un jeu intéressant et souvent très instructif.

 

 

Alors, si vous voulez voyager dans l’espace et dans le temps, réviser ou apprendre une quantité de faits historiques qui ont marqué XIXe, XXe et même XXIe siècles, il faut lire Amazonia, un livre qui alerte surtout sur les dégâts considérables causés par les humains à notre planète. C’est concret, bien détaillé et cela m’a beaucoup marqué dans les dernières pages du livre.

Jean-Paul

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Jean-Paul 13/05/2020 20:19

Vous avez raison. Voyager c'est d'abord respecter ! Pour l'Amazonie, de plus en plus réduite par les Brésiliens avec Bolsonaro à leur tête, il faut lire le livre de Jean-Pierre Dutilleux : Raoni, mon dernier voyage, sur le blog :
http://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2019/08/jean-pierre-dutilleux-raoni-mon-dernier-voyage.html

Jeni-Falls77 13/05/2020 19:16

Beau voyage que nous offre Patrick Deville. Par contre je suis choquée quand je vois les explorateurs exploiter indigènes et certainement saccager la nature. Les colons européens me dégoutent. Moi qui aime tant la belle nature. En Amazonie, la nature doit être belle, luxuriante, et l'ensemble donne un spectacle grandiose.

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