II. Correspondances de Manosque 2020.

Correspondances de Manosque 2020

 

22ème édition : Un régal malgré tout…

Jeudi 24 septembre

Sieste littéraire avec Bastien Lallemant, JP Nataf, Albin de la Simone, Babx, François Lasserre et les autrices : Colombe Boncenne et Clémentine Mélois :

Quel plaisir rare que celui de se laisser bercer par de douces et belles chansons puis d’écouter, en alternance, deux jeunes autrices talentueuses, Colombe Boncenne (Vue mer) et Clémentine Mélois (Dehors, la tempête), nous faire partager quelques pages de leur dernier roman !

Ce régal, c’est la sieste littéraire qui le permet et nous avons savouré cette douceur extrême grâce à Bastien Lallemant, toujours aux commandes avec JP Nataf et Albin de la Simone plus François Lasserre et Babx cette année. Le tout est bien réglé, la lumière est tamisée, le masque est bien en place et nous dégustons ce plaisir délicieux…

 

 Éric Laurrent : Une fille de rêve et François Beaune : Calamity Gwenn :

Voilà deux auteurs à découvrir et c’est place Marcel Pagnol que Yann Nicol (à gauche ci-dessus) présente d’abord Éric Laurrent qui fait partager la vie de Nicky Soxy, Une fille de rêve.

 

À 16 ans, elle a fait la couverture d’un magazine puis fait tout pour exploiter sa plastique. Cela fait penser à Nana de Zola. Nicky a été abandonnée par son père avant sa naissance puis par sa mère dès sa venue au monde. On peut rêver mieux ! Éric Laurrent (photo ci-contre) l’avoue : il ne prend pas position, écrit pour s’amuser, pastiche la chronique mondaine mais cela n’empêche pas une fin tragique.

 

 

De son côté, François Beaune (photo ci-contre) s’est mis à la place d’une femme pour écrire Calamity Gwenn. Montée de Marseille à la capitale, elle travaille dans un sex-shop à Pigalle. Pour pouvoir respirer, tout simplement vivre, elle écrit son journal, découvre le féminisme, rêve de sa grand-mère, de sa mère et voudrait réaliser leurs rêves à Paris. Là aussi, le père a été absent. Réussira-t-elle à sortir de l’engrenage ?

 

Claro : La Maison indigène et Arno Bernina : L’Âge de la première passe :

Bâtir un roman sur une maison réalisée par un grand-père architecte sans l’avoir jamais visitée, est-ce possible ?

 

Motivé par Arno Bertina, Claro (photo ci-contre) l’a osé et réussi dans La Maison indigène. Cette maison néo-mauresque a été construite à Alger en 1930 pour marquer le centenaire de la présence française en Algérie. Albert Camus, à 19 ans, Jean Sénac, un poète, et Le Corbusier ont visité cette maison qui permet de remonter le fil du temps.

 

 

Justement, Arno Bertina (photo ci-contre) est là pour répondre aux questions de Maya Michalon à propos de L’Âge de la première passe. Toujours en Afrique mais au Congo cette fois où l’auteur est allé à plusieurs reprises, il livre ce qui s’apparente à un documentaire, à un récit de ces jeunes congolaises, virées de l’école et livrées à la prostitution. Devant elles, le Français ne peut évacuer totalement le passé colonial et le handicap d’une langue, le français, qui n’est pas celle des émotions de ces filles qui dorment dans des squats terribles.

 

François Morel : lecture des « Correspondances 1932-1959 » de Boris Vian :

 

Bien accompagné au piano et à la trompette par Antoine Sahler, François Morel a été une nouvelle fois magnifique, époustouflant !

 

Dans ces lettres qui viennent d’être éditées par Fayard, Le génial Boris Vian s’adresse à Pouche, sa mère, aux femmes de sa vie, à Patrick et Carole, ses enfants, mais aussi à ses copains, ses éditeurs et même ses lecteurs. Souvent, il signe Bison et se livre sans fausse pudeur, nous faisant connaître ses doutes, ses espoirs, ses soucis du quotidien et ses amours.

 

François Morel nous a fait partager une très bonne sélection parmi les plus de quatre cents lettes réunies dans cette édition. Tout s’enchaînait magnifiquement, sans temps mort, un superbe spectacle, un grand régal pour cette soirée dans le théâtre Jean-le-Bleu de Manosqueet et c’est quand il chante Le Déserteur que les frissons nous viennent et que l’émotion est à son comble. .

Photo ci-dessus : Antoine Sahler (à gauche) et François Morel.

Jean-Paul

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Dominique Sudre 06/10/2020 09:55

Ah et cette lecture des lettres de Boris Vian ! Ça donne envie de les lire, même si on n'aura pas ce talent là ????????

virginie blanc-viguier 05/10/2020 16:15

Merci pour ce partage. Ca fait très envie de participer à ce bel événement pour les années prochaines

Jean-Paul 06/10/2020 10:49

Merci à vous Virginie pour ce mot sympa ! L'aventure s'est poursuivie hier et aujourd'hui, paraît le troisième épisode et il en reste deux à venir... en espérant retrouver Manosque pour la 23° éditions !

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