III. Correspondances de Manosque 2020.

Correspondances de Manosque 2020

 

22ème édition : Un régal malgré tout…

 

Vendredi 25 septembre

 

Alice Zeniter : Quand viendra la vague et Comme un empire dans un empire

et Madeline Roth : Mon père des montagnes :

Ce matin, il ne fait pas chaud à Manosque. Le mistral, le vent du nord souffle fort et le soleil brille avec parcimonie.

 

Sur la place de l’Hôtel de Ville, collégiens et lycéens sont nombreux pour le lancement du prix littéraire des adolescents du département.

 

Alice Zeniter (photo ci-contre), autrice qui nous avait emballés avec L’art de perdre (Prix Goncourt des Lycéens, entre autres), nous emmène en Corse avec une pièce de théâtre publiée l’an dernier : Quand viendra la vague. L’après-midi elle rencontre un énorme succès avec la présentation de son nouveau roman : Comme un empire dans un empire, un roman très contemporain mettant en scène un attaché parlementaire et une hackeuse et ça bouge !

 

Quant à Madeline Roth (photo ci-contre), impressionnée de se trouver aux côté d’une romancière confirmée, elle emmène les jeunes lecteurs à la montagne, dans un chalet isolé où Lucas et son père tentent de renouer le dialogue.

 

 

 

Négar Djavadi : Arène et Gauz : Black Manoo :

Ce vendredi après-midi, place de l’Hôtel de Ville, nous retrouvons deux auteurs particulièrement appréciés : Négar Djavadi et Gauz.

Après le succès de Désorientale, un excellent roman sur son parcours depuis l’Iran jusqu’en France, Négar Djavadi (photo ci-contre), malgré la pression, présente son second livre qui se passe dans un quartier de Belleville où l’on retrouve beaucoup d’immigration et donc beaucoup d’histoires à ramasser. En neuf grandes parties plus des mouvements musicaux, elle met en scène la bagatelle de 148 personnages. Derrière chaque être humain, il y a une histoire, et c’est passionnant à raconter et à lire.

 

Ah ! Gauz ! Quelle surprise il nous avait offerte avec Debout-payé puis avec Camarade Papa et le revoici avec Black Manoo. Cet homme est un conteur et il sait bien emmener son auditoire comme ses lecteurs, nous faire réagir aussi. Il écrit avec sa subjectivité et, dans Black Manoo, on retrouve beaucoup de ce qu’il a vécu lorsqu’il a décollé d’Abidjan, en Côte d’Ivoire un soir et qu’au petit matin, il a débarqué à l’aéroport Charles de Gaulle.

Gauz (photo ci-conre) nous plonge dans Paris, à Belleville aussi, mais réussit à emmener son lecteur en Auvergne, une escapade salutaire pour Black Manoo et ses compères qui rencontrent un Auvergnat. Aussitôt, celui-ci les prend, non pas pour des Noirs, mais pour des Parisiens ! Enfin, il insiste pour qu’on oublie le terme de « migrants » pour parler de « réfugiés » qui sont d’abord des « Espérants ».

 

 

Colombe Boncenne : Vue mer et Fabrice Caro : Broadway :

Vue mer raconte une histoire banale mais tellement réelle et pose la question : peut-on arrêter la machine comme le demande Michel Abescat (photo ci-dessus) ?

 

Cette machine, c’est la vie de bureau au cinquième étage d’une tour où fleurit le langage managérial, un langage américanisé que l’on peut trouver poétique… Colombe Boncenne (photo ci-contre) réussit un roman très critique, piquant avec Stéphane, le narrateur, qui n’arrive pas à faire démarrer sa voiture pour rejoindre ce fameux boulot et son équipe qui l’attend.

 

 

Fabrice Caro n’est plus Fabcaro quand il écrit. Il nous a déjà régalé avec Le discours et vient de récidiver avec Broadway, roman qui conte les tourments d’Axel (46 ans) qui cumule les soucis avec cette lettre de l’Assurance maladie pour un dépistage du cancer colorectal alors que ce n’est qu’à partir de 50 ans, normalement, que ce type de courrier vous arrive…

De plus, son fils s’est fait confisquer un dessin avec deux de ses profs en position scabreuse et Axel est convoqué par la proviseure. Bref, tout va mal et c’est mélancolique, touchant, bourré d’humour. D’ailleurs, Fabrice Caro a déclenché l’hilarité générale en lisant un extrait de Broadway, un roman que nous avons bien aimé et qu’il nous a dédicacé.

 

Pierre Ducrozet : Le Grand Vertige et Hervé Le Tellier : L’Anomalie :

Nous attendions avec impatience cette rencontre avec Pierre Ducrozet, jeune auteur qui confirme de livre en livre et nous a vraiment séduits avec Eroica, L’Invention des corps et Le Grand Vertige, son dernier roman.

Tout se passe peu avant cette terrible année que nous vivons. Cela commence en 2017 et rien ne s’est amélioré depuis. Adam Thobias, un savant, veut réinventer une manière d’être et réunit autour de lui les meilleurs spécialistes afin de sauver notre planète d’un désastre annoncé. En quatre mouvements, Pierre Ducrozet (photo ci-contre) prouve que la littérature peut tout faire, ne se donne aucune limite. Le Grand Vertige explore tous les continents, mêle fiction et réel avec grand talent, imagine une plante miraculeuse captant cent pour cent de l’énergie solaire… Ce roman est passionnant, un régal malgré son côté inquiétant. Au moment des dédicaces (photo ci-dessous), Pierre Ducrozet s’est montré spontané et très chaleureux ce qui contrastait avec la fraîcheur ambiante…

Hervé Le Tellier est maintenant président de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentielle) et voilà qu’il publie L’Anomalie, un titre bien trouvé. En effet, comment expliquer que le même avion, avec les mêmes passagers, traverse la même zone de turbulences entre Paris et New York, en mars et en juin de la même année ? En trois grandes parties, tout est mis en abîme. Dans ce roman à la fois thriller, policier, psychologique, Hervé Le Tellier (photo ci-contre) dont nous avions déjà apprécié Toutes les familles heureuses, en profite pour nous faire poser des questions : qu’est-ce qui est essentiel dans la ma vie, qu’est-ce qui ne l’est pas ?

J’ajoute que Maya Michalon a précisé que L’Anomalie est sur la liste de cinq prix littéraires prestigieux, les prix Goncourt, Goncourt des lycéens, Renaudot, Médicis, Décembre. Alors ?

 

Mais il est près de 19 h 30 quand nous quittons la place Marcel Pagnol vraiment frigorifiés… Il est temps d’aller nous mettre au chaud !

Jean-Paul

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Dominique Sudre 06/10/2020 09:53

On y est, manque que le vent et le froid...
Merci pour tes super comptes rendus qui nous font vraiment revivre toutes ces superbes rencontres

Jean-Paul 06/10/2020 10:51

Merci à toi, Dominique pour ce petit mot qui fait plaisir mais aussi bravo pour toutes tes photos beaucoup plus originales que les miennes...

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