Ron Rash : Un silence brutal

Un silence brutal        par     Ron Rash.

Traduit de l’anglais (USA) par Isabelle Reinharez.

Titre original : Above the Waterfall.

nrf Gallimard, la Noire (2019) 256 pages ; Folio (2020) 288 pages.

 

T

out laissait penser à Les, shérif d’un comté situé dans un coin des Appalaches, que les trois semaines qu’il lui restait à effectuer avant de prendre sa retraite, seraient, sinon calmes, du moins sans grand imprévu. Seule une opération antimeth, inscrite au programme pouvait apporter peut-être un peu d’imprévu.

 

 

Mais cette tranquillité va être brisée lorsque quelqu’un va verser de l’essence dans le torrent, torrent qui traverse la propriété du riche Tucker. Les belles truites argentées meurent. Les riches citadins qui venaient au relais de Tucker, pêcher dans un décor magnifique et sauvage, vont donc fuir.

 

 

Tucker accuse aussitôt Gerald, ce vieil irascible qui ne comprend pas pourquoi il ne peut plus parcourir à son gré les rives de cette rivière qu’il a toujours connues et qui malgré les panneaux d’interdiction, continue à les arpenter.

 

 

Becky, la garde forestière et Les, le shérif, ne peuvent pas croire que Gerald ait pu commettre un tel geste tant il aime et respecte cette nature. Les va donc devoir mener l’enquête pour savoir qui est le responsable d’un tel geste.

 

Les principaux personnages de ce roman sont deux : Becky, gardienne d’un parc naturel qui écrit des poèmes et représente la défense de l’environnement, et Les, ce shérif bientôt retraité. Tous deux ont un point commun : un passé douloureux et encombrant.

 

 

Mais celui qui tient la vedette, si l’on peut dire, c’est le paysage entre rivière et montagnes, paysage somptueux que Ron Rash connaît bien et décrit d’une façon sublime. Je suis restée scotchée par ses descriptions tant elles sont superbes et on ne peut que rentrer dans le paysage à son tour.

 

 

Malheureusement, la beauté qu’offre la nature, avec les fleurs, les arbres, les animaux, les montagnes et les cours d’eau, cette beauté est menacée par les entrepreneurs modernes et on en arrive au conflit entre profit et écologie.

 

L’auteur met également bien l’accent sur la méthadone, ce fléau qui abrutit les esprits et endommage les corps. Les descriptions des ravages causés par la meth sont si réalistes qu’elles en sont effrayantes.

 

 

En fait, c’est le constat de la disparition d’un monde gouverné par l’argent. Tout au long de ce polar, ce sont ces deux mondes qui se côtoient, celui à l’ancienne, représenté notamment par Les qui, tout au long de sa carrière, a tenté de fluidifier les rapports sociaux, et celui des coups, de l’intimidation, de la violence du pouvoir.

 

 

Ron Rash (photo ci-dessus) a réussi de façon très brillante un roman à la poésie éblouissante et également un roman politique, un roman noir.

 

 

J’avais apprécié cet auteur avec Par le vent pleuré, mais Un silence brutal m’a vraiment épatée, enchantée, bouleversée.

 

 

Je remercie vivement Lecteurs.com qui, dans le cadre des Explorateurs du polar 2019, m’a permis de passer d’aussi beaux moments avec cet ouvrage.

Ghislaine

 

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