Ian Manook : La mort nomade

La mort nomade  Yeruldelgger      par      Ian Manook.

Albin Michel (2016) 428 pages ; Le Livre de Poche (2017) 480 pages.

 

Yeruldelgger ! Retrouver ce flic mongol sympathique et attachant, sous la plume délicieuse de Ian Manook, a été un vrai plaisir !

 

 

Autant j’avais été emballé par le premier opus de la trilogie, intitulé sobrement Yeruldelgger, autant le second, Les temps sauvages, m’avait un peu déçu car trop embrouillé.

 

 

Ici, avec La mort nomade, Patrick Manoukian qui signe ses polars Ian Manook,(photo ci-dessous) a retrouvé la grande forme, j’ai envie d’écrire la plénitude pour mettre un terme à sa trilogie.

 

 

L’âge aidant et assez désabusé par toutes les vicissitudes de la vie, par le nombre de morts jalonnant son parcours aussi, Yeruldelgger s’est retiré seul, dans les steppes mongoles, sous sa yourte.

 

Pas très loin de lui, quatre artistes dont un Français, Erwan, croquent les paysages quand ils tombent sur le premier cadavre, nu, attaché sur une pierre ronde, le corps désarticulé.

 

Insensiblement, la pression monte mais l’ami Yeruldelgger s’offre une belle nuit avec Tsetseg, une cavalière qui cherche sa fille, Yuna, disparue. Arrive une autre femme, plus jeune, Odval, elle aussi à cheval, et je comprends bien que c’en est fini de la tranquillité pour notre héros !

 

On monte vite d’un cran avec quatre cadavres écrabouillés sous une bâche, sur une piste, un peu comme le faisait le fameux Gengis Khan avec les traitres. À partir de là, tout s’enchaîne à un rythme soutenu avec la présence des ninjas, ces chercheurs d’or solitaires qui creusent des puits un peu partout.

 

Mais le plus grave et le plus instructif arrive avec ces multinationales australienne et canadienne qui exploitent le sous-sol des steppes, creusent d’immenses mines à ciel ouvert, font travailler des centaines de mineurs, mettent en place des bordels rapportant gros et faisant le malheur de nombreuses filles chinoises et mongoles.

 

Avec les luttes politiques, les compromissions, les pots-de-vin, la corruption qui règne au plus haut niveau de l’État, j’ai beaucoup appris sur le saccage organisé d’un pays pour le profit maximum de quelques-uns. Tous ces minéraux, ces terres rares dont nous sommes friands, sont exploités au maximum sans tenir compte des dégâts humains et écologiques irréversibles.

 

 

À Oulan-Bator, Solongo, la légiste chère à Yeruldelgger, est toujours là. Elle œuvre avec Bekter et Fifty (Meredith), deux flics, anciens collègues de Yeruldelgger quand, soudain, l’auteur m’emmène à Manhattan, puis à Perth (Australie) et même au Canada. Au Québec, je retrouve un compatriote découvert dans Les temps sauvages : Zarzadjian, qui œuvre pour les services secrets.

 

 

La mort nomade est un polar riche en enseignements, captivant par son réalisme et ses descriptions précises non dénuées de poésie, émoustillant avec des scènes de sexe bien troussées. Mais l’auteur va bien plus loin en dénonçant toutes les compromissions, tous les arrangements politiques et commerciaux faits sur le dos des populations avec des conséquences irréversibles pour l’humanité toute entière.

 

Sans vouloir en dire davantage, je peux ajouter que La mort nomade rôde toujours, que Ian Manook excelle à faire saliver son lecteur en détaillant à plaisir les repas de ses principaux personnages.

 

Enfin, se terminent ces aventures palpitantes en Mongolie où j’ai découvert tellement de belles traditions à l’époque où les humains savaient vivre en harmonie avec la nature. Maintenant, les cours d’eau sont détournés, les sables du désert de Gobi avancent inexorablement et, je dois abandonner Yeruldelgger à regret…

 

Jean-Paul

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dominique Sudre 16/01/2021 10:08

Encore un que je n'ai pas encore lu ! Heureusement que tu m'y fait penser je crois bien l'avoir dans ma bibliothèque ???? j'avais beaucoup apprécié le premier Yeruldelgger.

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