Emmanuel Glais : Quasi-Lipogramme en A minor ou La réintroduction

Quasi-Lipogramme en A minor  ou La réintroduction   par   Emmanuel Glais.

Éditions Maïa (2020) 107 pages.

 

Embarquer avec Hubert-Félix, grâce à la plume très originale d’Emmanuel Glais (photo ci-dessous), a été, pour moi, une aventure peu ordinaire.

 

 

D’une écriture un peu déjantée, ce livre au titre assez énigmatique : Quasi-Lipogramme en A minor ou La réintroduction, m’a fait partager les doutes, les recherches, les rencontres, les angoisses et surtout les réflexions très pertinentes de ce jeune homme.

 

 

Il vit à Montfort-sur-Meu, en Bretagne, ou plutôt en « Bertègne » car le lipogramme choisi par l’auteur est de se priver de la première lettre de l’alphabet, le A, peut-être aussi de ne pas réussir à l’écrire... Pour ceux qui l’ignorent, comme moi, cette commune existe bel et bien. Montfort-sur-Meu (35160) se situe à moins de trente kilomètres à l’ouest de Rennes.

 

 

Après l’ennui à l’école, ce garçon âgé maintenant de vingt-deux ans, s’est lancé dans la collecte de déchets électroniques. Pour cela, il frappe aux portes des gens et nous gratifie de remarques, d’observations pleines d’humour sur ce qu’il constate.

 

 

En fait, notre homme a un problème avec la lettre A, comme il l’avoue un peu avant la fin, au moment de la réintroduction. En disciple de Georges Pérec, il tente de se priver de cette voyelle et, je l’avoue, y réussit fort bien, n’hésitant pas à employer des mots anglais, parle de « Bertègne profonde », des « bus McRon », de « consomuteurs », des pneus « Goudieur », d’un ciné « big enough », des « Froncès » ou encore de « monotonentreprise »… Emmanuel Glais fait preuve de beaucoup d’inventivité et d’originalité.

 

 

Au cours de son récit, l’auteur jette un regard assez désabusé sur notre monde, veut se battre pour l’écologie mais son constat est d’une lucidité extrême. En quelques pages, Hubert-Félix fait partager son mal-être, son envie de réussir peut-être avec les bitcoins ou en inventant un épluche-oignons, pourquoi pas ?

 

 

Que ce soit avec Sybel, Jennifer ou Léa, ses relations féminines ne sont guère réussies car cet homme a un irrépressible besoin d’être seul. Il fuit aussi les retrouvailles forcées ou spontanées entre potes, prétexte à s’alcooliser pour oublier un quotidien guère réjouissant.

 

 

Quasi-Lipogramme en A minor ou La réintroduction a été, pour moi, une lecture étonnante, réjouissante parfois, jamais trépidante, une découverte permise par Emmanuel Glais lui-même que je remercie.

 

 

Ce jeune auteur a du talent, sort des sentiers battus et je ne peux que l’encourager à persévérer.

 

Jean-Paul

 

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