Alia Cardyn : Mademoiselle Papillon

Mademoiselle Papillon        par      Alia Cardyn.

 Robert Laffont (2020) 266 pages.

 

"C'est la relation aux autres qui donne toute sa valeur à la vie." Cette phrase magnifique, prononcée par Heidelise Als, dans le roman, me semble résumer parfaitement l'esprit de ce livre.

 

Nous commençons par suivre Gabrielle, infirmière dans un service de néonatologie intensive dont la salle 79 est "sa salle, son port d'attache".  Elle a de plus en plus de mal à oublier les émotions qui l'assaillent pendant son travail et tente de mettre cela sur le compte de la fatigue. Usée psychologiquement et physiquement, elle finit par se sentir impuissante face à ces petits êtres grands prématurés si fragiles et ces parents démunis et même, par culpabiliser.

 

Sa mère Rachel Adelman s'étant lancée dans l'écriture, lui offre son dernier manuscrit et toute émue lui confie en le lui remettant : "Je ne pense pas qu'il soit possible de ne pas aimer Mademoiselle Papillon".

 

C'est en fait, la vie exceptionnelle de Thérèse Papillon qui est retranscrite dans ce manuscrit, cette infirmière de la Croix-rouge qui, envoyée au dispensaire de Vraignes-en-Vermandois au lendemain de la Première guerre mondiale, ne supporte pas de voir ces enfants souffrant de la faim et du froid et vivant dans des conditions plus que précaires. Elle mettra tout en œuvre pour trouver une solution, et cherchera avec détermination un lieu pour installer un préventorium.

 

Dans Mademoiselle Papillon, Alda Cardyn (photo ci-dessous) met en scène le destin de ces deux infirmières et va les traiter en alternance.

 

Je dois dire que j'ai été extrêmement touchée par la force et le courage de ces deux femmes admirables. J'ai trouvé originale l'idée de l'autrice de redonner de la vitalité à Gabrielle épuisée, grâce à la lecture du  récit de la vie de Mademoiselle Papillon.

 

Comment ne pas être admiratif devant l'énergie qu'a dû déployer Thérèse Papillon (photo ci-dessous) pour parvenir à installer, après l'armistice, à l'abbaye de Valloires, un établissement pour enfants, un préventorium. Énergie qu'elle a su maintenir pour ne pas baisser les bras lorsqu'une autre guerre se profile. Elle redouble au contraire de courage, n'hésitant pas à recueillir des enfants juifs. Un modèle de courage, de ténacité et un amour et une psychologie des enfants extraordinaire.

 

Ce roman m'a aussi permis de découvrir le NIDCAP (Neonatal Individualized Developmental Care and Assessement Program), fondé par  Heidelise Als,  psychologue américaine. Ce programme basé sur le fait que les nombreuses agressions que subit le prématuré en réanimation comme la douleur, l’excès de bruit, de lumière, les nombreuses manipulations, le non-respect du cycle veille/sommeil et la séparation de la mère peuvent être nocifs pour ces enfants dont tous les sens sont encore immatures, ajoute de l’humanité aux soins conventionnels sans nuire à leur sécurité.

 

Ces deux infirmières ont beaucoup de points communs. Toutes deux ont compris qu'un enfant a besoin de beaucoup d'amour et que le contact, chez les prématurés et les petits enfants est primordial, notamment dans les situations de détresse. Un parallèle est fait dans le livre, entre le nouveau-né prématuré, séparé de sa mère pour être placé en couveuse et l'enfant juif qui doit se détacher de ses parents qui le laissent à d'autres mains pour le sauver.

 

Ce roman bouleversant et captivant de bout en bout m'a fait vivre de magnifiques émotions.

Ghislaine

 

 

 

 

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D
Un très émouvant parcours, un roman qui fait du bien, à lire et vous avez raison, en parler autour de soi !
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