Donal Ryan : Une année dans la vie de Johnny Cunliffe
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Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe par Donal Ryan.
Traduit de l’anglais (Irlande) par Marina Boraso. Titre original : The thing about december.
Albin Michel (2017), 287 pages.
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Découvert avec Le cœur qui tourne, son premier roman qu’il avait présenté à la Fête du livre de Bron, revoici l’écrivain irlandais Donal Ryan ! Franchement, j’avais eu un peu de mal avec ce roman choral, Le cœur qui tourne, alors que là, l’auteur s’attache à un seul personnage et tout ce qui gravite autour, durant une année entière, Une année dans la vie de Johnsey Cunliffe.
L’Irlande loin du folklore et du tourisme est à nouveau bien présente car Donal Ryan (photo ci-dessous) sait plonger son lecteur dans le quotidien de vies pas faciles, à la campagne, ou à proximité d’une ville. Ici, c’est un jeune homme simplet, « un gros demeuré », nommé Johnsey, un garçon attachant que l’on aurait envie d’aider alors que presque tout se ligue contre lui.
D’emblée, il y a Eugene Penrose et sa bande. Ils s’acharnent sur lui quand il rentre du travail à la coopérative où Packie Collins lui a donné un travail par respect pour son père. Hélas, celui-ci est mort et son épouse ne s’en remet pas. Les Unthank semblent bien attentionnés mais « L’odeur de papa s’attarde partout. »
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Johnsey, harcelé depuis l’adolescence par des garçons avec lesquels il jouait à l’école, est triste, pense souvent aux filles, sans espoir : « C’est dans sa chambre qu’il réfléchit le mieux. Quand on gamberge trop, on risque de se bousiller complètement le cerveau. »

Chacun des douze mois jalonnant le récit débute par de très touchantes considérations sur le temps qu’il fait, sur la nature ou sur les travaux de la ferme. Orphelin, Johnsey subit la commisération des autres villageois qui lui disent qu’il peut passer quand il veut : « Leur porte lui serait toujours ouverte. Il aurait aimé voir leur bobine s’il les avait pris au mot. » C’est tellement juste et bien vu !
Hélas, on sent bien que rien ne va s’arranger mais l’auteur sait bien mener sa barque. Les terres familiales dont Johnsey est le seul héritier sont très convoitées. Fidèle à ceux qui l’ont précédé, il se refuse à vendre.
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L’auteur sait faire toucher du doigt les ravages causés par la misère, le chômage, l’emprise de la religion et le pouvoir de ceux qui s’entendent à manipuler les gens en distillant mensonges et fausses promesses : « Maman avait bien raison. Les gens disent et croient ce qui les arrange ; pour qu’une chose se change en vérité, il suffit qu’il y ait assez de monde pour la crier haut et fort. ».
Impossible d’en dire plus mais il faut tout de même citer Dave Charabia, le seul véritable ami qu’ait eu Johnsey et surtout Siobhán, celle qui fait naître un espoir fou dans l’esprit du lecteur… Johnsey Cunliffe peut-il s’en sortir ?
Jean-Paul
