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Henri Colomiés : Le rêveur des tranchées

Le rêveur des tranchées   par  Henri Colomiés.

Journal de guerre d’un poète

Retranscrit par Jean-Baptiste Roussouly.

Illustrations de Michel Roman.

Cap de l’Étang Éditions (2025) 130 pages.

 

 

 

Jean-Baptiste Roussouly a retrouvé le journal de guerre de son arrière-grand-père, Henri Colomiés, un carnet resté caché pendant une centaine d’années.

 

 

Grâce à Cap de l’Étang Éditions, ce recueil de poèmes et de chansons est publié en 2025, illustré de quelques photos, de documents et de dessins soignés signés Michel Roman.

 

 

Dans sa préface, Jacques Michaud, professeur émérite de la Faculté de Droit de Montpellier, souligne toute l’importance d’un tel carnet : « il nous montre combien de près il (Henri Colomiés) a vécu la condition terrible des soldats dont il décrit avec réalisme l’intimité… »

 

 

 

Henri Colomiés est né le 8 septembre 1898 à Mas-Saintes-Puelles, dans l’Aude.

 

 

C’est à 18 ans, le 2 mai 1917, qu’il a été incorporé dans le 96e Régiment d’infanterie. Les tranchées, les conditions de vie abominables, la haine viscérale du Boche, cet Allemand qui, en face, connaît des souffrances similaires, Henri Colomiés fait ressortir tout cela dans son carnet de guerre qu’il a tenu  de 1918 à 1920.

 

 

En effet, lorsque l’Armistice a été signé, il n’a pas été démobilisé.

 

 

Avec le 130e Bataillon de tirailleurs sénégalais puis le 22e Régiment d’infanterie coloniale, il est parti vers l’Orient, passant par Gênes, Milan, Trieste, Pivka en Slovénie, Glina en Croatie, Brod en Bosnie, Pecs en Hongrie, Niš en Serbie, Sofia en Bulgarie et Constantinople pour l’empire ottoman, un périple impressionnant. Tout cela, Jean-Baptiste Roussouly le raconte très bien.

 

 

En 1925, il a épousé Marguerite Plantade, ils ont eu des enfants et il a rendu son dernier souffle le 10 décembre 1992, à l’âge de 94 ans.

 

 

Après ces quelques dates indispensables pour connaître un peu plus notre homme, j’ai plongé dans la lecture de textes à la fois réalistes et poétiques.

 

Henri Colomiés  peut être émouvant (Sur les cimes neigeuses ; Bonsoir m’amour) et vindicatif (Les poilus du 16e Corps). En vers, il s’adresse aux Alboches puis écrit une ode au pinard, de quoi faire frémir la Ligue antialcoolique mais cela permet de comprendre un peu plus le quotidien de ces hommes.

 

Des documents émaillent les pages du livre comme sa carte de combattant, sa carte d’identité et son certificat de bonne conduite. S’ajoutent les dessins de Michel Roman, des photos de son cahier et des clichés de l’auteur avec son épouse.

 

L’amour, les femmes reviennent souvent. Cela peut être cru, paillard ou très tendre (La lune). Henri Colomiés a aussi retranscrit plusieurs chansons qui devaient beaucoup lui plaire comme « Le cri du poilu » ou « Gardez-vous de sortir le soir ».

 

 

Enfin, arrive « La Biffe », un long texte écrit à Constantinople, le 5 janvier 1920. Comme expliqué dans l’index exhaustif qui suit, la Biffe désigne, en argot militaire, l’infanterie. En vers, Henri Colomiés dit tout, fait vivre le quotidien de ces hommes qui peuvent basculer en un instant dans le drame et l’horreur sous les bombes ennemies :

 

« Tel un cheval qui a peur, on s’en va sous les balles

On fonce, on court, il faut défendre sa peau, on tue

On prend le mors aux dents contre les casques pointus

Car la peau, on y tient. Pauvre vieille carcasse

Que l’on traîne partout, là où il y a de la casse »

 

J’ai découvert cet original journal de guerre, ce recueil de poèmes et de chansons d’Henri Colomiés, Le rêveur des tranchées, grâce à Cap de l’Étang Éditions que je remercie.

 

Jean-Paul

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J
Bravo! Le genre de textes qui emporte tout sur son passage! Et merci aux éditeurs!
Répondre
D
Merci de nous le faire découvrir, il y a tant de destins que l'on ne connait pas mais qui nous sont révélés peu a peu grâce aux écrits. Et aux maisons d'éditions qui nous les font parvenir !
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J
Bien d'accord avec toi, Dominique !
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