Léonor de Récondo : Pietra viva
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Pietra viva par Léonor de Récondo.
Sabine Wespieser (2013) 225 pages ;
Points (2015 et 2021) et Le Livre de Poche (2023) 192 pages.
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De sa plume précise et agréable, Léonor de Récondo a réussi à redonner vie à Michel-Ange, Michelangelo, dans Pietra viva.
Cette pierre vivante qu’il trouvera au fond de lui, cet immense artiste va la chercher, la sélectionner loin de Rome, à Carrare (photo ci-dessous). Là, il se mêle au travail ingrat et terriblement difficile des carriers et retrouve des images émouvantes de son passé et de sa mère, en particulier.
Pietra viva débute dans une ambiance spéciale, en 1505, à Rome où Michelangelo doit disséquer un nouveau cadavre. Or, ce corps sans vie qu’on lui amène n’est autre que celui d’un jeune moine, Andrea, que le sculpteur admirait pour sa beauté.
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Comme le pape Jules II lui a commandé de sculpter le tombeau (photo ci-dessous) dans lequel il reposera à la fin de sa vie - pourquoi pas ? – Michelangelo, âgé de trente ans, n’a guère le temps de s’apitoyer. Il part, d’abord en bateau puis à cheval, emportant avec lui le petit livre de Pétrarque qu’un certain Lorenzo de Medici lui a donné, et la bible qu’Andrea a laissée pour lui. Ces deux ouvrages lui serviront de refuge dans les moments difficiles qui ne manqueront pas d’arriver, à Carrare.
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Là-bas, il sympathise vite avec Cavallino, un homme un peu simplet qui se prend pour un cheval. De plus, il retrouve Topolino qui doit son surnom de petite souris à son agilité dans la carrière. Michelangelo n’a pas oublié que c’est ce même Topolino qui lui avait permis de choisir le meilleur marbre pour sculpter sa fameuse pietà.
L’écriture douce de Léonor de Récondo (photo ci-dessous) crée une atmosphère propice à l’expression de Michelangelo, cet homme qui a fait sa place mais qui doute et n’obtient pas tout ce qu’il veut aussitôt. Elle qui adore l’Italie comme elle le prouvera plus tard dans Le Grand Feu, excelle déjà à créer une ambiance permettant de me plonger dans cette époque lointaine.
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Lorsque le grand sculpteur travaillant pour le pape se laisse attendrir par Michele, cet enfant de six ans qui persiste après s’être fait rabrouer, le récit prend une autre envergure. Leur complicité est magique et la poésie est bien présente jusqu’au bout.
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Photo ci-dessus : La pietà de Michel-Ange.
Au cours de ma lecture, je suis de plus en plus admiratif et me demande comment fait Léonor de Récondo pour se mettre dans la peau du plus grand sculpteur (portrait ci-dessous), pour exprimer ses doutes, ses espoirs, ses sentiments et les révélations d’un passé oublié lorsque lui-même était enfant.
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En lisant Pietra viva, livre que ma Médiathèque venait d’éliminer de ses collections… j’ai pu revenir en arrière et découvrir ce que Léonor de Récondo avait écrit, entre autre, avant Manifesto, Revenir à toi et Le Grand Feu.
Jean-Paul
