MENU

Anne-Sophie Moreau : FERMENTATIONS. Kéfir, compost et bactéries, pourquoi le moisi nous fascine ?

Fermentations   par  Anne-Sophie Moreau.

Kéfir, compost et bactéries : pourquoi le moisi nous fascine ?

Seuil (2025) 267 pages.

 

 

 

C’est en achetant une bouteille de kombucha, en attendant son vol, à l’aéroport de Berlin que l’idée de ce livre Fermentations, Kéfir, compost et bactéries : pourquoi le moisi nous fascine, vient à l’esprit de la philosophe, journaliste, co-fondatrice de Philonomist et rédactrice en chef à Philosophie Magazine, Anne-Sophie Moreau (photo ci-dessous).

 

 

Cet ouvrage sur la fermentation interroge également sur le regain d’intérêt pour les micro-organismes, cette nouvelle passion pour les bactéries, ce goût pour les champignons, bactéries, levures et autres pourritures qui ont longtemps inspiré la répulsion et que l’on a cherché à éradiquer au nom du progrès scientifique et de l’hygiène.

 

 

L’autrice s’est interrogée sur l’interprétation  que l’on pouvait donner à cette fascination et cet engouement pour le kéfir (photo ci-dessous), le kombucha ou la bière artisanale, à ce grand retour du moisi, à cette idée de renouer avec le pourri.

 

 

Pour approfondir ces questions, elle a procédé selon ses habitudes, celles du reportage et de l’enquête journalistique mêlés à la méditation philosophique.

 

 

Elle nourrit sa réflexion autant de la Physique quantique d’Aristote, de la pensée écologique, des analyses des chercheurs, philosophes, anthropologues Bruno Latour, Hannah Arendt, Nietzsche, Peter Sloterdijk ou encore Lévi-Strauss, sans oublier les messages des réalisateurs comme Ridley Scott dans Seul sur Mars  ou Hayao Miyazaki  dans Nausicaä de la vallée du vent.

 

J’ai appris avec grand intérêt que non seulement l’alimentation, mais aussi la cosmétique, la médecine, l’économie ou le design vantent aujourd’hui les vertus du pourri.

 

 

De cet essai philosophique très fouillé mais jamais rébarbatif qui ouvre la porte à de nombreuses pistes de réflexion, impossibles à résumer ici, certains points, les plus concrets, ont largement retenu mon attention.

 

 

C’est notamment l’utilisation pratique du kombucha et du mycélium. De même que le kombucha, le « scoby », disque gélatineux à la surface du liquide, constitué de cellulose peut être transformé en bois, le mycélium, les filaments enfouis du champignon, une matière à la fois malléable et biodégradable pourrait remplacer le plastique. En tout cas, des pistes ouvertes à de nombreuses innovations, pas si utopiques, certaines étant déjà en cours.

 

 

Autre grande nouvelle idée qui m’a surprise : l’ambition verticale de la reforestation ferait place à la stratégie horizontale de l’enrichissement des sols. Il semblerait possible de freiner le réchauffement climatique non plus en érigeant de majestueuses forêts mais en nourrissant les sols par couches successives de compost. Ce procédé permettrait ainsi de former un stock souterrain qui capterait le CO2  de l’atmosphère.

 

Si le moisi est porteur de promesses de régénération, de promesses de symbiose avec le vivant, il a également un côté obscur, celui de l’entre-soi et du repli identitaire.

 

 

En ces temps de morosité extrême, soyons optimiste et espérons que « cette civilisation de la fermentation » nous mène à la régénération et non pas au déclin !

 

 

Je remercie mon fils Simon, qui, connaissant mon engagement écologique et mon appétence pour cette boisson, le Kombucha, dont le « scoby » m’a été offert, il y a presque vingt ans par des amis, n’a pas hésité à m’offrir cet essai très instructif et très enrichissant souvent très philosophique mais aussi très scientifique.

Ghislaine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
D
il y a plus de cinq décennies (oui, oui !) je faisais du kéfir chaque semaine, et j'aimais beaucoup ! il faudrait que j'y revienne...
Répondre
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog