Robert-Louis Stevenson : Voyage avec un âne dans les Cévennes
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Voyage avec un âne dans les Cévennes par Robert-Louis Stevenson.
Un voyage à travers la Haute-Loire, la Lozère et le Gard, en 1878.
Traduit de l’anglais par Léon Bocquet.
Marivole éditions (2015) 156 pages.
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Voyage avec un âne dans les Cévennes, de Robert-Louis Stevenson, est le récit de la randonnée qu’il a faite en 1878, en compagnie d’une ânesse nommée Modestine.
Parti s’isoler environ un mois, au Monastier-sur-Gazeille, à une vingtaine de kilomètres du Puy, en Auvergne, suite à une peine de cœur, l’écrivain écossais, né à Édimbourg entreprend d’excursionner vers le Sud, à travers les Cévennes.
Il part le 22 septembre de Haute-Loire, le bât contenant ses effets et sa couverture de voyage en forme de sac, fixé par une série de nœuds sur le dos de Modestine. Il atteint douze jours plus tard la localité de Saint-Jean-du-Gard.
C’est ce périple traversant Velay, Lozère, ancien pays de Gévaudan (Mont Lozère et Cévennes), cette traversée à pied des Cévennes que raconte le jeune écrivain écossais de vingt-huit ans.
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Le récit se présente comme un journal de route dans lequel Robert-Louis Stevenson raconte son cheminement à travers les Cévennes, les villages traversés, les différentes rencontres avec les gens du pays, l’histoire du pays, et l’histoire avec un grand H pour parler du pays des Camisards.
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À noter qu’il est très souvent pris pour un colporteur, la randonnée et le bivouac n’étant pas encore des activités de loisirs et Stevenson doit être un des premiers, sinon à utiliser un sac de couchage du moins à le décrire aussi précisément.
C’est aussi les difficultés rencontrées avec son ânesse, son inexpérience en temps qu’ânier qu’il relate. Cela nous ferait bien sourire s’il ne se servait pas un peu trop du bâton et de l’aiguillon… L’époque n’était pas encore vraiment pour le respect des animaux.
J’avoue ne pas avoir été franchement séduite par les premières pages dans lesquelles il est surtout question de ses mésaventures avec l’animal et de sa difficulté à s’en faire obéir.
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À sa décharge, à la fin de son voyage, il fera part d’une grande émotion lorsqu’il devra s’en séparer et laissera même couler quelques larmes...
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Mais bien vite, j’ai apprécié cette équipée et notamment la relation intime que l’auteur entretient avec la nature. La description et le ressenti qu’il offre de sa nuit passée à la belle étoile près du Bleymard sont superbes tout comme l’est celle passée dans la vallée de la Mimente : « Personne ne connaît les étoiles qui n’a dormi, selon l’heureuse expression française, à la belle étoile. Il peut bien savoir tous leurs noms et distances et leurs grandeurs, et demeurer pourtant dans l’ignorance de ce qui seul importe à l’humanité, leur bénéfique et sereine influence sur les âmes. »
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Comment ne pas être conquise lorsqu’il raconte qu’après une nuitée aussi voluptueuse, se sentant débiteur de cette si généreuse réception de la nature, il lui plaît d’abandonner quelques pièces de monnaie sur le sol, pour payer en quelque sorte son logement de la nuit.
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Le point fort de son récit restera cependant pour moi son arrivée à Pont-de-Montvert (photo ci-dessous) avec l’évocation de quelques épisodes marquants de la guerre des Camisards, des faits sanglants que j’ignorais sur la période tourmentée dans l’histoire de cette région protestante.
Au final, un grand plaisir de lecture.
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Je n’aurais sans doute jamais lu le récit de ce grand écrivain et grand voyageur connu mondialement pour ses romans L’île au trésor et L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde si nous n’avions décidé avec mon conjoint de nous lancer dans cette randonnée de 230 km, connue sous le nom de « chemin de Stevenson » et référencée comme sentier de grande randonnée GR 70, mais sans compagnon asinien.
Ghislaine
