Roy Jacobsen : Juste une mère
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Juste une mère par Roy Jacobsen.
Traduit du norvégien par Alain Gnaedig.
Titre original : Bare en mor.
Gallimard / Du monde entier (2024) 298 pages.
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Juste une mère m’a fait vivre quelques années sur quelques-unes des milliers d’îles norvégiennes, après la seconde guerre mondiale.
J’ai lu ce quatrième volume du cycle consacré par Roy Jacobsen à Ingrid Barrøy sans avoir lu les précédents et, bien sûr, j’ai eu un peu de peine avec les personnages qui sont nombreux. Ils se côtoient, s’évitent, s’en vont, reviennent mais c’est surtout leur mode de vie qui me captive car, à cette époque, comme dans nos campagnes, on vivait encore quasiment en autarcie tout en vendant certains produits du travail.
Sur l’île de Barrøy, c’est bien sûr la pêche et l’élevage qui assurent principalement la subsistance de ses habitants, sans oublier le duvet des eiders. C’est très bien expliqué.
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Ingrid est revenue vivre sur l’île où elle a grandi. Olavia, mère du petit Mattis vient de quitter Johannès Hartvigsen, un homme deux fois plus âgé qu’elle. Mattis n’a que 4 ou 5 ans et sera appelé bientôt Mathias. Celui supposé être son père tente d’obtenir de l’aide chez les Storm, ses beaux-parents, mais ne récolte même pas la moindre consolation car les parents d’Olavia avaient toujours désapprouvé de mariage.
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Ensuite, Johannès Hartvigsen est parti avec le bateau avec lequel il faisait le ramassage du lait mais n’est jamais revenu. Alors, Ingrid qui vit avec sa tante, Barbro, décide de garder Mattis qui est maigre comme un squelette. Elle l’élève avec Kaja, sa fille dont le père n’est pas là… Peut-être un prisonnier russe ? Un certain Alexander…
Beaucoup d’allusions à la seconde guerre mondiale jalonnent le récit : l’occupation allemande, celles et ceux qui ont sympathisé avec l’occupant, les prisonniers russes, justement. Tout cela est souvent implicite, jamais expliqué complètement par Roy Jacobsen qui a dû parler de cela dans les tomes précédents.
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Par contre, il sait remarquablement faire vivre, au quotidien, enfants, hommes, femmes, et même Samuel, un pasteur qui a un rôle non négligeable. C’est une chronique de la vie sur cette île au large de Trondheim, une vie rude et l’empreinte de la guerre qui vient de se terminer. Je veux savoir pourquoi certaines tensions sont si palpables.
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Ingrid et Mathias sont au centre des rapports humains très bien détaillés. C’est à la fois ordinaire et dépaysant car la mer, les poissons – les fameux harengs et les oiseaux aussi - jouent un rôle important.
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Arrive alors l’épisode le plus haletant, le plus passionnant de l’histoire quand tout ce petit monde décide d’aller pique-niquer sur l’île de Træna. Ils appellent cela des « vacances ». L’embarquement à bord du Salthammer, un baleinier, n’est déjà pas simple. Ensuite, c’est le bonheur complet malgré les acrobaties de Mathias mais tout change quand un requin pèlerin croise leur route. Le récit de cette séquence extraordinaire est parfaitement mené par Roy Jacobsen car mon cœur a battu très fort !
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D’autres événements familiaux jalonnent le récit avec les Storm qui offrent une séquence forte, comme la terrible nouvelle qui arrive depuis les îles Lofoten. Voir ressurgir le passé est la principale crainte d’Ingrid qui est Juste une mère et qui voit grandir Mathias et Karja, deux adolescents qui s’entendent parfaitement.
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Ce roman pris un peu au hasard dans ma médiathèque ne m’a pas vraiment emballé à cause de l’abondance de personnages, de leurs liens pas évidents, rappelés quand même à l’occasion. J’aurais aimé avoir lu des tomes précédents mais j’ai beaucoup apprécié la description des conditions de vie sur ces petites îles norvégiennes, un dépaysement complet.
Juste une mère se terminant au début de l’automne, il me semble que l’histoire d’Ingrid n’est pas terminée et que, Mathias et Kaja pourraient réserver encore beaucoup d’événements…
Jean-Paul
