MENU

Hélène Gaudy : Archipels

Archipels   par  Hélène Gaudy.

Éditions de l’Olivier (2024) 285 pages ; Points (2025) 256 pages..

 

 

 

 

Archipels est un livre magnifique, d’une écriture sensible, un texte plein de réflexions tellement justes sur la vie qui passe et la quête d’une fille qui veut en savoir plus sur son père et pour cela, tente de dérouler le fil de sa vie.

 

 

 

Le seul bémol à tout ça, c’est que je n’ai pas trouvé grand intérêt à ma lecture, m’ennuyant le plus souvent. Pourtant, en septembre dernier, j’avais écouté Hélène Gaudy parler de son livre aux Correspondances de Manosque et j’étais motivé pour le lire.

 

 

 

Lorsque l’autrice apprend qu’une île située au large de la Louisiane, une île portant le même nom que le prénom de son père, Jean-Charles, est menacée par la montée des eaux, elle se décide à écrire. À cause du réchauffement climatique et des forages pétroliers, l’Isle de Jean-Charles (photo ci-dessous) est condamnée à disparaître. Son père âgé, cette île bientôt effacée, le parallèle est inévitable. Hélène Gaudy va donc écrire sur son père et, elle l’avoue, cela lui demandera plusieurs années.

 

 

Le travail est long et fastidieux car le père en question n’est guère bavard. Pourtant, il lui confie les clés de son atelier situé dans Paris. Là, il a entassé une quantité de souvenirs, en plus de ses peintures, et sa fille unique va tenter d’explorer les lieux et tout ce qu’ils peuvent révéler.

 

 

Ce parcours littéraire est, heureusement, agrémenté d’informations complémentaires comme lorsqu’Hélène Gaudy (photo ci-dessous) parle de ces derniers Amérindiens francophones qui vivent sur cette Isle de Jean-Charles, une île même pas protégée par des digues…

 

 

Alors, comme sa fille, je découvre petit à petit qui est cet homme original qui a beaucoup voyagé, a enseigné la littérature dans une école d’art et qui a gardé un maximum de choses dans son atelier ; il ne sait pas jeter. L’Algérie, la Grèce, l’Inde, l’Iran, ce père a bien bourlingué sac au dos puis avec la mère de l’autrice, mère très discrète dans ce récit.

 

Sur cette vie qui passe, Hélène Gaudy nous gratifie d’excellentes et justes formules. Elle parle même du confinement. Elle se pose aussi de pertinentes questions et remonte en arrière détaillant le rôle de son grand-père durant la Seconde guerre mondiale. Ce dernier, marxiste convaincu avait d’abord nommé son fils Jean-Karl : Jean comme Jaurès et Karl comme Marx, bien sûr. Ce prénom très original a été refusé… à l’époque.

 

 

 

Cette période est bien racontée et elle est la plus intéressante. Ce grand-père, instituteur le jour et résistant la nuit, a de quoi alimenter le récit, surtout quand l’autrice raconte son évasion du camp de Voves (phot ci-dessous).

 

 

Ainsi ces Archipels se succèdent grâce à la recherche patiente et obstinée d’une fille qui tente de savoir ce que fut la vie de son père. Elle fait même des suppositions ; avec une grande délicatesse, un talent certain pour évoquer la vie, faire remonter les souvenirs, elle découvre son père plus jeune, celui qu’elle n’a pas voulu voir quelques années auparavant.

 

 

Cet homme écrit beaucoup de poèmes dont certains sont cités. Ce temps qui passe, cette jeunesse qui a fui définitivement, qui peut écrire tout cela mieux qu’une autrice confirmée ? Ce Jean-Charles a de la chance car il a même pu lire le manuscrit découvrant ainsi des éléments de sa propre vie. C’est paradoxal mais tout à fait plausible.

 

 

Voilà. J’ai donc lu Archipels. Je me suis ennuyé souvent mais je ne peux que m’incliner devant le talent d’Hélène Gaudy qui a su réaliser un long travail dont la plupart des résultats sont surtout intéressants pour sa famille et qu’elle a su faire partager.

 

Jean-Paul

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog