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Michèle Pedrinielli : Après les chiens

Après les chiens   par  Michèle Pedinielli.   

 Éditions de l’Aube Noire (2019) 254 pages ; Mikros noir (2021) 288 pages…

 

 

 

Au printemps 2017, sur les hauteurs de Nice, Ghjulia Boccanera, détective privée surnommée Dioupromène Scorcese, le chien de ses amies Dagmar et Klara parties en Suède pour des vacances en famille, quand celui-ci découvre le cadavre d’un jeune Érythréen qui a été passé à tabac.

 

Même si l’enquête de police est confiée au commandant Santucci, Jo, son ex, Diou va chercher elle-même à découvrir l’identité du mort et essayer de  remonter jusqu’à l’assassin.

 

 

Ses recherches la mèneront sur la route des réfugiés qui fuient la terreur de leurs pays d’origine et qui tentent de passer en France pour gagner l’Angleterre ou l’Allemagne, nouvelles terres promises.

 

 

En parallèle à ce passage de frontière des migrants, avec peut-être un lien, le récit d’un jeune garçon qui, à l’automne 1943, emprunte régulièrement le sentier qui traverse la frontière franco-italienne pour faire passer en Italie des Juifs traqués par l’occupant nazi.

 

 

Autre époque, mais même lieu et même combat, franchir une frontière pour sauver sa vie. Deux histoires qui se font étrangement écho.

 

Photo ci-dessus : la vallée de la Roya.

 

Mais sur ce, voilà que Colette, la patronne du restaurant Aux travailleurs, amie de Diou, l’appelle pour lui demander d’apporter son aide aux parents d’une jeune fille qui a disparu. Deux enquêtes à résoudre pour notre détective en scooter.

 

 

Après Boccanera, ce deuxième opus de Michèle Pedinielli m’a une nouvelle fois ravie par sa dimension sociale et politique, mais pas que.

 

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir l’écriture fluide, vive et imagée, le style décalé, décapant, tellement personnel de l’auteure, son talent à brosser des personnages fort attachants, emplis d’humanité, pour lesquels la solidarité n’est pas un vain mot, et ses touches d’ humour toujours bienvenues pour traiter de sujets pour le moins sérieux.

 

 

Ici, ce ne sont rien moins que l’immigration, le racisme, l’antisémitisme qui sont abordés et ce de manière percutante tout comme la télé-réalité et ses « ouariores ».

 

 

J’ai particulièrement apprécié le passage évoquant le thème « Être d’ici » avec sa démonstration très convaincante dont certains devraient bien s’imprégner.

 

 

Après les chiens est un bel hommage à tous ces bénévoles qui, parfois, au prix d’inculpations, s’engagent, ne pouvant laisser des gens mourir sur leurs routes.

 

 

Michèle Pedinielli (photo ci-dessous) a d’ailleurs dédié son livre « Aux solidaires de la vallée de la Roya, d’Italie, de Nice, du Briançonnais et d’ailleurs. »

 

 

Après les chiens est un superbe polar, à l’écriture savoureuse, à l’intrigue policière bien ficelée et dont le contenu politique en pleine adéquation avec l’actualité ne peut laisser indifférent.

 

Ghislaine

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