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Jacques Ferrandez : Suites algériennes (1962 - 2019) Première partie

Suites algériennes (1962 – 2019) (Première partie)

BD par Jacques Ferrandez.

Casterman (2021) 138 pages.

Préface Jean-Paul Mari.

 

Carnets d’Orient (1830-1954), Carnets d’Algérie (1954-1962) et maintenant les Suites algériennes (1962-2019), Jacques Ferrandez (photo ci-dessous), en bande dessinée, sait parfaitement faire prendre conscience de l’Histoire de ce pays avec lequel la France a des relations extrêmement compliquées.

 

 

Comme l’écrit Jean-Paul Mari dans la préface, c’est « une histoire en marche » que Jacques Ferrandez s’attache à nous faire vivre, à tenter de nous faire comprendre, depuis trente ans.

 

 

En neuf chapitres, toujours excellemment dessinés, l’auteur s’attache aux pas de Paul-Yanis Alban, né de mère algérienne et de père français.

 

 

Nous sommes à Alger, le 1er novembre 2019. Pour le trente-septième vendredi consécutif, des Algériens manifestent contre le système corrompu qui a confisqué le pouvoir depuis longtemps. C’est le Hivak. Place des Martyrs, les panneaux « Système dégage » fleurissent. D’ailleurs, la couverture de l’album montre Nour brandissant ce slogan aux côtés de Paul-Yanis alors qu’un hélicoptère tourne au-dessus des têtes pour surveiller de près cette manif pacifique.

 

 

 

Ainsi, de retours en arrière en précieux rappels historiques, je replonge dans l’histoire mouvementée de l’Algérie. L’histoire familiale de Paul-Yanis rappelle le retour aux pays de Noémie Dalbigot, sa grand-mère. Le noir et blanc, avec des nuances de gris, s’impose. 2019 : Paul-Yanis est revenu voir la tombe de sa grand-mère, se recueillir mais aussi vérifier dans quel état elle se trouve.

 

 

Avec Paul-Yanis, Nour est un personnage important qui se bat pour que les femmes s’affirment dans la société algérienne. C’est elle qui dresse un bilan précis et argumenté mais elle se heurte au totalitarisme  des partis religieux fascisants.

 

Ensuite défilent Hakim, Samia, Noémie, Lebreton, Mathilde, Bouzid avant que revienne en pleine lumière Paul-Yanis. Chaque personnage apporte un éclairage précieux sur la vie quotidienne des Algériens qui ont vécu entre 1962, l’indépendance, et 2019, au moment où Jacques Ferrandez fait le point.

 

 

Lorsque la discussion se fait en langue arable, le graphisme ne fait aucun doute et je trouve cela beau. Les retours en arrière sont importants et éclairent les chapitres précédents.

 

 

Quand Noémie revient en Algérie, trois ans après l’indépendance, la situation devient cocasse car, aux portes de ce qui était la propriété familiale, elle réclame Saïd, Manuel, Augusta, Aïcha qui étaient à son service. Les rencontres, les témoignages sont édifiants et me parlent beaucoup mieux que de longs discours. Juste avant de mourir, Noémie est très émouvante lorsqu’elle prend enfin conscience de la réalité du pays où elle va reposer.

 

 

En même temps que j’apprécie la qualité du dessin, la pertinence de la mise en page, je trouve édifiantes et réalistes les réflexions qui laissent présager ce qui va arriver.

 

L’ambiance, dans le pays, devient de plus en plus tendue. Un homme au visage ravagé, Salihafa (tortue) semble avoir un rôle important au sein des militaires qui contrôlent le pouvoir.

 

 Le 16 janvier 1992, Mohamed Boudiaf, homme pondéré et conciliant, est revenu d’un exil qui durait depuis 1964. Il était un des fondateurs du FLN et prend la présidence du HCR (Haut Comité d’État). Paul-Yanis peut l’interviewer en privé pour son journal, ce qui ne plaît pas du tout aux intégristes qui…  

 

Mais… le 29 juin 1992, Boudiaf est assassiné !

 

Jean-Paul

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D
Tu me donnes envie de le découvrir !
Répondre
J
C'est parfait ! Alors, vas-y !
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