MENU

Peace Adzo Medie : Fleurs de nuit

Fleurs de nuit   par  Peace Adzo Medie.

Traduit de l’anglais (Ghana) par Benoîte Dauvergne.

 Titre original : Nightbloom.

Éditions de l’Aube (2025) 435 pages.

Rentrée littéraire 2025.

 

 

 

Quelle histoire que celle d’Akorfa et Selasi, deux jeunes ghanéennes, grandes amies d’enfance victimes des jalousies familiales interminables et des traditions ! Séparées, l’une réussissant aux États-Unis, l’autre restant au Ghana, vont-elles se retrouver ?

 

 

Tout cela, Peace Adzo Medie le raconte très bien dans ce roman-fleuve, Fleurs de nuit. En deux grandes parties, je fais connaissance, je découvre la vie de chacune. Au final, une troisième partie viendra conclure un récit foisonnant d’événements et de personnages.

 

 

C’est d’abord Akorfa qui tient la vedette. Comme c’est elle qui raconte, je ne peux que prendre fait et cause pour elle, partager son avis, ne pas comprendre et détester celle et ceux qui lui font du mal.

 

 

Pourtant, toutes ces histoires familiales sont pénibles car elles s’empilent, reviennent sans cesse et ne se résolvent jamais. Dès que quelqu’un veut que ça s’arrange, ça repart de plus belle. Malgré tout, l’amitié profonde entre Akorfa et Selasi est émouvante, même si la mère de la première s’évertue à entretenir la haine du père de la seconde.

 

 

Si elles restent à Ho d’abord, ça commence à se gâter lorsque Akorfa et ses parents partent s’installer à Accra, la capitale. Entre temps, la mère de Selasi est morte en accouchant de son fils, Philip. Au passage, comme tout au long du livre, l’autrice met le doigt sur les faiblesses du système de santé au Ghana. La corruption régnant, c’est aussi l’approvisionnement du pays en électricité qui sera dénoncée plus tard ainsi que le rôle d’un politicien infect dont je ne peux dire davantage.

 

 

Déjà, Akorfa est partie en vacances aux États-Unis car sa mère a des frères et sœur installés là-bas. Ils ont réussi malgré toutes les embûches que les Noirs doivent éviter pour exprimer leurs talents.

 

 

Ces filles de milieux privilégiés alimentent d’incroyables jalousies, des rancunes pouvant remonter à plusieurs générations et cela se perpétue à l’étranger. C’est l’occasion, pour Peace Adzo Medie de mettre en place un intéressant débat sur la place des Noirs dans la société étasunienne et leurs chances de promotion.

 

 

Ouf ! La première partie se termine pour passer à Selasi car cette Akorfa devenait vraiment pénible… Avec Selasi, l’émotion est au rendez-vous, la tristesse aussi et la sensibilité s’affirme. Les ressentis sont justes et les questions pertinentes au sujet d’un enfant qui vient de perdre sa mère. Là, je suis touché.

 

 

Facilement, je m’attache à Selasi qui vit de très difficiles moments, donne une tout autre version de ce qu’a raconté son « amie », et se retrouve sur la touche, privée d’études brillantes puis cantonnée dans une filière bien secondaire.

 

 

Depuis, le début, dans ce roman très féministe qui dénonce aussi l’incroyable corruption des responsables politiques, l’autrice inclut des mots en ewe, une des neuf langues officielles du Ghana.

 

 

Émotion et sincérité n’empêchent pas les épisodes d’une angoisse terrible rendant la lecture plus addictive.

 

 

Si la troisième partie, réunit enfin Akorfa et Selasi, se pose la question du retour au pays pour les expatriés. Là, Peace Adzo Medie (photo ci-dessous) livre de très justes considérations et des comparaisons étayées. Elle connaît bien le sujet puisque, née au Libéria, elle vécut très jeune au Ghana avant de réussir une brillante carrière universitaire dans son pays puis aux États-Unis. Elle enseigne aujourd’hui à l’université de Bristol.

 

 

Fleurs de nuit est un roman étranger (Nightbloom), traduit de l’anglais par Benoîte Dauvergne, qui devrait faire parler de lui lors de cette Rentrée littéraire 2025 qui approche. Je remercie Babelio et les éditions de l’aube pour cette découverte.

 

Jean-Paul

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog