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Le sourire d'Auschwitz, l'histoire de Lisette Moru, résistante bretonne BD

Le sourire d’Auschwitz.

L’histoire de Lisette Moru, résistante bretonne. BD

par Stéphanie Trouillard (scénario) et Renan Coquin (dessin et couleur).

Des ronds dans l’O (2024) 100 pages + album photos.

 

 

 

La Nantaise Stéphanie Trouillard, journaliste à France 24, spécialiste de la seconde guerre mondiale, signe avec Le sourire d’Auschwitz, le scénario de sa deuxième bande dessinée.

 

Lors de conférences sur la Résistance dans le Morbihan, elle se rend compte, notamment lors d’échanges avec le public, qu’il y a peu d’écrits sur les femmes résistantes. Lui vient alors l’idée de se pencher sur l’histoire d’une résistante bretonne morbihannaise.

 

 

En effectuant ses recherches, elle tombe sur la photo d’une jeune déportée Marie-Louise Moru, dite Lisette, matricule 31825, prise à Auschwitz. Fortement intriguée par le regard et le sourire qui semblent défier ses bourreaux et qui forment un contraste si fort avec la sinistre tenue rayée et les cheveux coupés n’importe comment, qu’elle se demande pour quelles raisons cette jeune personne s’est retrouvée dans un tel lieu et ce qui se cache derrière ce geste de défi.

 

L’enquête que va mener Stéphanie Trouillard révélera à la fois le passé de résistante de Lisette et de son ami Louis Séché mais aussi l’histoire de la ville de Port-Louis.

 

 

Lisette, née en 1925, avait une force incroyable et n’avait peur de rien. Bien qu’ayant réussi son certificat d’études puis un CAP en couture, elle se retrouve sans emploi lorsque la guerre éclate et va travailler à la conserverie de Port-Louis comme manutentionnaire. Elle commence alors à résister à sa façon. Avec des amis, elle distribue des tracts anti-allemands, surveille leurs déplacements, et devient agent de liaison.

 

 

Elle n’hésite pas avec trois autres acharnés à aller déposer un bouquet sur la tombe d’aviateurs anglais dont l’avion est tombé à la falaise de Gavres, inconsciente qu’ils risquent alors leurs vies.

 

 

Un jour, en août 1942, sur la plage de Port-Louis, Lisette et son ami Louis Séché sont outrés en voyant des Françaises prendre du bon temps avec les Allemands. Ils ont l’idée de noter leurs noms pour qu’on sache plus tard qui a fait quoi.

 

 

 

Ils sont dénoncés, arrêtés et déportés. C’est ce qu’a confié la nièce de Lisette à Stéphanie Trouillard. Elle connaît les noms des dénonciatrices, mais ne voulant pas raviver de vieilles rancunes et ne voulant pas que leurs descendants en pâtissent, elle donne carte blanche à la journaliste pour enquêter sur Lisette.

 

Celle-ci va donc se lancer dans une longue enquête, recueillant les témoignages de membres de sa famille, de ses amies de l’époque, mais aussi des proches de Louis, se renseignant auprès des archives du service historique de la défense, se rendant aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine à Rennes puis à celles du Morbihan à Vannes pour rendre compte de ce qu’a été leur parcours puis l’enfer des camps.

 

Arrêtée le 8 décembre 1942, enfermée à le prison de Vannes, transférée au fort de Romainville le 18 décembre, tout comme son ami Louis, Lisette quittera le fort le 23 janvier 1943, faisant partie du convoi dit des 31 000 pour Compiègneelle montera dans l’un des derniers wagons à bestiaux.


Le convoi part pour l’Allemagne avec un arrêt en gare de Halle-sur-Salle où le train s’est divisé. Les wagons des hommes sont partis vers le camp de Sachsenhausen près de Berlin, et celui des femmes en Pologne, vers le camp d’Auschwitz-Birchenhau.

 

 

Stéphanie Trouillard (photo ci-dessus) s’est rendue sur place, sur ces lieux chargés d’histoire pour raconter la guerre, l’occupation, la déportation, la collaboration, la Résistance à travers ces destins brisés, accompagnée dans son travail de façon admirable par le dessinateur breton Renan Coquin (photo ci-dessous). Ce dernier, dans un style semi-réaliste parvient à restituer à la fois tous ces lieux de mémoire, le présent avec l’enquête en cours, et le passé avec le parcours de Lisette, son courage et sa force, et l’horreur des camps qu’il retranscrit avec beaucoup de sobriété tout en en restituant toute la cruelle et terriblement violente réalité, utilisant des teintes sombres, marron et noir, pour cette période très sinistre de l’Histoire.

 

 

À noter deux petites cartes schématiques utiles pour mieux localiser les trajets et les camps.

 

Cette bande dessinée très émouvante, si elle n’a rien de très originale, est cependant très importante pour garder vivante, la mémoire de ceux qui ont eu le courage de résister, pour montrer, notamment à la jeune génération, qu’il ne faut rien oublier et que la haine pourrait à nouveau briser des vies pleines de rêves et d’espoirs. Il appartient à chacun d’entre nous, maintenant, plus que jamais, de rester vigilant pour faire en sorte que cela ne revienne !

 

Ghislaine

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Merci de nous en parler c'est en effet important à mes yeux aussi de parler de ceux qui ont résisté et le sujet est plus que jamais d'actualité, hélas on est bien d'accord car je ne crois pas que les jeunes soient conscients des dérives possibles de notre société...
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