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III. 2025 : nos dixièmes Correspondances de Manosque

III. 2025 : Nos dixièmes Correspondances de Manosque.

27e édition

Vendredi 26 septembre

 

 

Comme la veille, nous avons, normalement, trois rencontres au programme : Nathacha Appanah, Javier Cercas et Laurent Gaudé.

 

 

En attendant que Nathacha Appanah lance l’après-midi, Ghislaine est partie à chasse aux citations inscrites sur les vitrines de beaucoup de commerces de Manosque. Cette année, dans la plupart des cas, une photo très artistique est placée à l’intérieur pour accompagner les quelques mots de l’autrice ou de l’auteur. Parfois, le cliché est difficile à repérer mais cela pimente la recherche…

 

Nathacha Appanha : La nuit au cœur (Gallimard)

 

 

Le nouveau roman de l’autrice de Tropique de la violence, pour ne citer qu’un de ses nombreux livres, est bouleversant car elle parle de trois femmes victimes de la violence de leur compagnon. Nathacha Appanha est l’une d’elles. Son compagnon, un écrivain, un artiste, avait réussi à la détourner de l’écriture entre 17 et 25 ans.

 

 

Les deux autres se nomment Chahinez et Emma. Toutes les deux ont été tuées par leur mari et elles ne doivent pas sombrer dans l’oubli : « Quand on écrit sur quelqu’un, on fixe son histoire. » Ces femmes n’ont pas juste été tuées, elles ont été effacées, mutilées dans des conditions dramatiques.

Nathacha Appanah refuse le mot-valise « victime » et c’est pour approcher la vérité, mieux comprendre ces deux autres femmes, qu’elle s’est mise à écrire le lendemain de la mort de Chahinez, tuée par son mari, brûlée vive en pleine rue. 

Emma était pétillante, avait des projets, des envies. Le rire de Chahinez est rappelé par tous ceux qui l’ont connue.

 

 

Elle s’est tournée aussi vers sa propre mémoire et c’est revenu par pans entiers. Elle refuse la prédisposition  car cela renverse la responsabilité. Le crime passionnel n’existe plus mais cette dénomination a infusé dans les esprits. Ce sont des crimes conjugaux que Nathacha Appanah réussit à sortir de l’oubli pour une prise de conscience indispensable.

La nuit au cœur : ce titre emprunte le mot cœur car c’est un vrai métronome pour ce livre qui parle de la vie qui s’arrête, un mot qu’elle aime beaucoup.

 

 

Camille Thomine qui animait cette rencontre très émouvante, nous surprend, à la fin, quand elle nous annonce que Javier Cercas ne sera pas là pour succéder à Nathacha Appanah. Il est retenu à San Sebastian (Donostia).

 

 

C’est une grosse déception mais on nous promet qu’il viendra demain. Alors, nous devons patienter car, contrairement à ce qui s’est passé à d’autres reprises, aucun auteur n’est prévu pour combler ce vide dans le programme des Correspondances.

 

Laurent Gaudé : Zem (Actes Sud)

 

 

Alors que Chien 51, film adapté au cinéma, est tout juste sorti dans les salles, voici son auteur, Laurent Gaudé, qui vient nous parler de son nouveau roman, Zem, qui remet en selle le héros de Chien 51.

Sophie Joubert est au micro aux côtés de l’auteur de La mort du roi Tsongor et de Salina, les trois exils, pour ne citer que deux autres de ses livres.

 

 

Avec Zem, il nous emmène à nouveau dans un futur proche qui ressemble beaucoup à aujourd’hui. Zem Sparak, ce flic sans grade de la zone 3 dont le matricule est… Chien 51, retourne en Grèce dans cette cité dystopique nommée Magnapole.

Ce cycle de l’errance, comme dans la mythologie, fait vivre un personnage exilé. Ce n’est pas de la science-fiction mais une interrogation sur le monde d’aujourd’hui au travers du monde de demain. Ce monde-là est cabossé, chaotique, peu enviable, un monde dans lequel on n’a pas envie de vivre…

 

 

Il faut préciser que Magnapole est une ville placée sous un dôme pour la préserver des pluies acides. Évidemment, la question environnementale est centrale parce que, pour boire, les habitants sont obligés d’utiliser l’eau d’un iceberg…

Avec son talent habituel, Laurent Gaudé fait parler ses personnages, ne les décrit pas. Leurs monologues suffisent. Zem est un résistant. Magnapole veut s’occuper de tout, du confort, de la sécurité des habitants et cela fait hélas penser au monde vers lequel nous nous dirigeons.

 

 

Avant de quitter la place de l’Hôtel de Ville, nous apprenons que, demain, Javier Cercas sera à Manosque, dès le matin, pour la projection du film réalisé par Catherine Bernstein à partir de son livre : L’imposteur. Ensuite, en début d’après-midi, il assurera la rencontre avec le public, place d’Herbès.

Cette journée du samedi s’annonce donc très chargée.

 

Photo ci-dessus : L'exposition sur Jean Giono, à Manosque.

Ghislaine et Jean-Paul

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