MENU

Riad Sattouf : Moi, Fadi le frère volé 1

L’Arabe du futur 

Moi, Fadi le frère volé

 Tome 1 (1986 – 1994)

BD par Riad Sattouf (scénario, dessin et couleurs).

D’après les entretiens réalisés avec Fadi Sattouf en 2011 et 2012.

Les Livres du futur (2024) 136 pages.

 

 

 

Et voilà Fadi qui raconte ce qu’il a vécu de son côté, très intéressante version que je n’imaginais pas en lisant L’Arabe du futur, le récit de Riad, le frère aîné.

 

 

Fadi remonte dans ses souvenirs. C’est d’abord le Cap Fréhel chez ses grands-parents. Tout de suite, je constate une évolution encore plus marquée. Riad Sattouf joue de plus en plus avec les couleurs. 

 

 

Le petit Fadi est un peu malmené par Riad et Yahya, ses aînés. Sa grand-mère d’abord puis sa mère le défendent. Cela donne vite des rapports fusionnels entre le petit et sa maman. Pour l’instant, le père est absent.

 

À Rennes, il va à l’école, s’aperçoit que sa mère perd beaucoup de cheveux et celle-ci lui confie qu’elle souffre d’un cancer. Elle est à peine guérie quand – surprise ! – le père débarque, venant perturber l’équilibre familial. Il est généreux, apporte des cadeaux  mais Clémentine, sa femme, refuse le sien…

 

L’engrenage fatal est maintenant lancé. Le père, Abdel-Razak, est jaloux d’un homme ami de sa femme. Il ne parle que de retourner en Syrie avec toute la famille. Les disputes sont continuelles quand, un matin…

 

 

Ce jour-là, Fadi s’est fâché avec sa mère qui veut absolument qu’il mette une salopette. Son père s’occupe de lui, lui achète Picsou magazine et l’emmène en gare de Rennes. Fadi réclame sans cesse sa maman, pleure mais rien n’y fait, le voyage vers la Syrie est lancé.

 

 

Si je connais déjà l’histoire, celle-ci, vécue côté Fadi, est vraiment édifiante.

Les images sont toujours parlantes. Les gros plans sur Fadi qui pleure, éloquentes.

 

 

Fadi est obligé de vivre à Tel Maaleh, près de Homs, où son père habite. Au passage, pour franchir le contrôle douanier à Damas, il a donné la Game Boy de Fadi, « la Game Bouille », au fonctionnaire car, n’ayant pas effectué son service militaire, Abdel risque d’être bloqué.

 

 

Voilà Fadi devenant petit à petit un Syrien, apprenant aussi l’arabe malgré lui. Les dessins sont toujours aussi expressifs. Le style très particulier de Riad Sattouf (photo ci-dessous) fait mouche avec des visages bien croqués. Couleurs soignées, bien adaptées à chaque situation et Moi, Fadi le frère volé devient une BD passionnante, avec quantité de scènes qui en disent long sur la vie quotidienne des familles, à l’école, chez les commerçants…

 

 

Petit à petit, dans les bulles, en arabe, se glissent des mots français pour montrer que Fadi commence à comprendre la langue. Arrive alors le moment où ce père fantasque, imbu de sa masculinité, ne parle plus qu’arabe à Fadi. Là, plus ce fameux accent : « Rigarde Damas comme c’y jouli ! Y a tout ici !  C'y beaucoup mieux que Rennes ti trouves pas ? Moi j’y trouve ! »

Décidément, les trouvailles de l’auteur sont vraiment excellentes.

 

Entre temps, Abdel a épousé la marchande de bonbons choisie par Fadi, se fait racketter par une diseuse de bonne aventure et ne rêve que de construire une grande villa sur son terrain. Hélas, Fadi est victime d’un grave accident…

À suivre…

 

Jean-Paul

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog