MENU

Yves Montmartin : Les aventures extraordinaires d'un billet de banque

Les aventures extraordinaires d’un billet de banque   

par  Yves Montmartin.

La chouette à lunettes (2025) 275 pages.

 

 

 

Dans un style complètement différent de ses précédents livres, Yves Montmartin a réussi à raconter Les aventures extraordinaires d’un billet de banque. Avant de suivre ces quelques billets de 20 € dans des rencontres toutes mortelles, l’auteur écrit le plus long prologue de la littérature française !

 

Ces 88 premières pages qui se terminent par un bel hommage à Bernard Lavilliers, me font vivre les tourments d’un auteur qui a beaucoup de mal à se faire éditer. Yves Montmartin (photo ci-dessous) met ici beaucoup de son vécu et c’est vite passionnant et instructif.

 

Il narre, en particulier, l’arnaque des éditeurs présents sur internet. Ils hameçonnent les candidats écrivains, leur font supporter les frais et les abandonnent vite pour tenter de trouver d’autres auteurs débutants séduits par des propositions fallacieuses.

 

Finalement, c’est un imprimeur local qui met le pied à l’étrier du jeune retraité lancé dans la rédaction de la trilogie des Pinoncelli. Comme il parle d’une savonnerie, cela me fait penser aussitôt à un certain Pierre Lemaitre…

 

 

Tout cela se passe dans la région stéphanoise que l’auteur connaît bien. C’est lors du Salon du livre d’Arpinac, petite commune du Forez, que l’auteur débutant rencontre Louise de Montrambert, attachée de presse. Elle lui achète L’Aube du siècle, premier opus de la trilogie, et paie avec… un billet de 20 €

 

 

Or l’oncle de Louise dirige une grande maison d’édition parisienne. Séduit par ce livre, il propose un contrat à son auteur, Wilfried Sabatier, qui va connaître rapidement un succès énorme en librairie.

 

 

Après L’Apocalypse, second opus de la trilogie, Un Monde nouveau est meilleure vente en 2020. Pris dans l’engrenage, Wilfried doit continuer à écrire mais voilà, ce qui arrive à beaucoup d’écrivains se produit : panne complète d’inspiration. Il teste alors l’autofiction mais l’éditeur n’en veut pas.

 

 

Je souris souvent à la lecture de nombreux détails tellement vrais. Par bonheur, notre Wilfried collectionne les vinyles et tombe sur « Le Stéphanois », de Bernard Lavilliers, disque datant de 1975, dont une chanson s’intitule : « Les aventures extraordinaires d’un billet de banque » :

 

« Si tu savais ce que je sais

Dans quelles mains je suis passé… »

 

 

La voilà l’idée qu’il cherchait !

 

Pour la suite, il faut se laisser porter, intriguer, angoisser, révolter, souffrir, soulager, rarement, par ce billet de 20 € et tous les autres avec Sylvain d’abord qui travaille à l’imprimerie de Chamalières d’où sortent, justement, ces fameux billets de banque. Puis c’est  Bécane, un facteur qui a trois passions : le rosé, le vélo et la lecture du courrier… Il fait la démonstration que la curiosité est un vilain défaut.

 

 

Alban et Sum offrent deux conclusions différentes. Sont-elles bien morales ? La pauvre Antoinette (95 ans) donne facilement sa confiance à des gens qui ne la méritent vraiment pas. Puis Bastien reprend une ferme dans un village de moyenne montagne et chaque fois que débute une autre nouvelle policière, je suis intrigué et vite captivé : qu’est-ce qui va arriver ? Quel est le détail qui va faire tout basculer car, je ne peux le cacher, tout se termine très mal à chaque fois ?

 

 

Ainsi, de manière à chaque fois différente, Yves Montmartin conte une nouvelle histoire dans des milieux qui n’ont rien à voir entre eux, donnant à chaque fois les explications attendues. Les conclusions sont terribles mais, au début de chaque nouvelle aventure, le billet de banque se confie, souvent pas content du sort qui va lui être réservé.

 

 

J’ai croisé ensuite un porteur de la flamme olympique ancien résistant, une pauvre Lucile, à Aurillac, Michel qui a laissé un billet de 20 € dans la salle de bain avant de disparaître, à Belle-Ìle-en-Mer (photo ci-dessus) une institutrice charmante et très mystérieuse puis Albert Fayard rentrant de Cologne à bord de son gros SUV dans lequel il laisse toujours un billet de 20 € et quelques pièces au cas où…

 

 

À chaque fois, l’intrigue est bien posée et les protagonistes se succèdent. Yves Montmartin rythme ses récits avec des épisodes différents. Je pense qu’ils n’ont rien à voir et la surprise finale vient bousculer mes certitudes.

 

 

Après avoir apprécié Brindille, Le code, La mauvaise herbe puis Hispaniola 1 (Calixte) et Hispaniola 2 (Victoire), j’ai été une nouvelle fois surpris et captivé par Yves Montmartin avec Les aventures extraordinaires d’un billet de banque. Je le remercie pour sa confiance.

Jean-Paul 

        

                 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog