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Alain Mabanckou : Mémoires de porc-épic

Mémoires de porc-épic    par  Alain Mabanckou.

Seuil  (2006) 228 pages ; Points (2007) 240 pages.

Prix Renaudot 2006.

 

 

 

Ce n’est pas ordinaire de lire un porc-épic racontant sa vie et, pourtant, Alain Mabanckou a réussi cette performance littéraire en écrivant Mémoires de porc-épic.

 

 

Lors des Correspondances de Manosque 2025, ce brillant écrivain qui enseigne à l’université de Los Angeles, nous a encore régalés. Il nous a captivés et surtout beaucoup amusés avec son franc-parler qui révèle bien des problèmes rencontrés par le jeune Congolais qu’il était à son arrivée en France.

 

 

Je m’étais déjà régalé avec Petit Piment et Verre cassé. Aussi, lorsque ma médiathèque favorite a « désherbé » Mémoires de porc-épic, je n’ai pas laissé passer l’occasion de combler mon retard dans les lectures des livres d’Alain Mabanckou et j’ai lu le Prix Renaudot 2006 !

 

 

Mémoires de porc-épic plonge à nouveau dans les légendes du cœur de l’Afrique. Fidèle au style utilisé dans Verre cassé, Alain Mabanckou se dispense des points et des majuscules. Il donne la parole à cet animal étonnant, à la fois réaliste et désabusé.

 

 

Rapidement, le porc-épic parle du « double nuisible » que nous avons tous et c’est joliment exprimé, prouvé dans de nombreux exemples aux côtés de son maître, Kibandi. Pour donner une belle consistance à son récit, l’auteur imagine que le porc-épic se confie à un baobab.

 

 

Pour bien comprendre comment il en est arrivé à Séképembé avec Kibandi, le porc-épic remonte à la naissance de celui-ci, à Mossaka, dans le nord du pays.

 

 

J’ai vite accroché au récit de ce porc-épic qui donne à connaître de nombreuses légendes africaines. S’il côtoie un fétichiste, il se charge surtout de régler tous les différents de son maître avec ses fameuses épines se révélant meurtrières.

 

 

Les exemples s’accumulent car son maître est victime de beaucoup d’hostilité. Lorsqu’il est accusé, il a un truc infaillible que je vous laisse découvrir, cette fameuse noix de palme placée au bon endroit…

 

 

Si beaucoup de formulations sont étonnantes ou amusantes, c’est le terme « manger » qui surprend le plus car il signifie tuer, éliminer, ce dont se charge le porc-épic à la demande de son maître. À force, il commence à en avoir assez.

 

 

Au passage, de nombreuses leçons de vie jalonnent le récit. Lorsque l’érudit Amédée revient au village, il séduit les filles par sa beauté mais surtout lorsqu’il parle des romans qu’il a lus. Ici, Alain Mabanckou (photo ci-dessous) réalise une belle palette littéraire avant que les choses ne se gâtent pour Kibandi.

 

 

Sarcastique, humoristique, étonnant, Mémoires de porc-épic est un régal qui permet d’ouvrir l’esprit, de se confronter en douceur avec d’autres traditions et de découvrir comment on vivait dans ces villages d’Afrique avant que ce que nous appelons civilisation vienne bouleverser la vie des gens.

 

 

Ce porc-épic est très attachant et je souhaite qu’il vive encore longtemps comme il en formule le souhait au passage en se confiant à son auditeur patient et attentionné, ce baobab auprès duquel il s’est réfugié.

 

 

Jean-Paul

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M
J'ai toujours apprécié ce que j'ai lu de lui mais bizarrement je lis par périodes et entre deux, je l'oublie. Merci de me donner envie de découvrir ce titre là dont je n'avais pas entendu parler.
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J
Moi, je l'avais oublié et, pourtant, Prix Renaudot 2006... mais le temps passe si vite...
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