Caroline Lamarche : Le Bel Obscur
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Le Bel Obscur par Caroline Lamarche.
Seuil (2025) 229 pages.
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Le Bel Obscur de Caroline Lamarche faisait partie des quatre finalistes du Prix Goncourt 2025 et ce roman a été proche de décrocher le trophée tant convoité. C’est ce qui m’a poussé à lire une autrice que je ne connaissais pas encore.
J’avoue ne pas avoir été emballé par ma lecture, lecture que j’ai souvent trouvée lassante malgré quelques fulgurances.
Avec une écriture soignée, un vocabulaire recherché, Caroline Lamarche (photo ci-dessous), écrivaine belge confirmée, donne la parole à une femme qui découvre l’homosexualité de son mari. Au même moment, c’est grâce à une archive familiale qu’elle se lance sur les traces d’un ancêtre, Edmond, un ingénieur, trouvé mort dans sa chambre d’hôtel, à Orléans, en 1865. Il avait tout juste 30 ans.
Ainsi, ce roman proche de l’autofiction, semble se consacrer à la vie d’Edmond dont une belle photo est reproduite sur la couverture du livre. Hélas, peu d’éléments concrets viennent étoffer les recherches de la narratrice qui arrive petit à petit au sujet principal qui la tourmente.
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Dès le premier chapitre, elle a parlé de l’arbre à papillons, le buddleia, arbre de son jardin qu’elle veut arracher. La métaphore est bien réelle car les fleurs de cet arbre attirent les papillons mais ses feuilles ne peuvent pas nourrir leurs chenilles.
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Une écriture tristounette ne m’emballe donc pas d’abord car pleine de nostalgie avec des références constantes au passé, toujours le passé. Pourtant, l’autrice me touche en faisant bien partager sa souffrance de femme délaissée par Vincent, son mari, ce qui la rend de plus en plus invisible.
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Lancée dans une délicate introspection, Caroline Lamarche fait bien partager sa douleur en voyant son mari collectionner d’autres hommes. Elle fait des efforts immenses, tente de partager leurs sorties mais se sent toujours de trop.
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Habilement, de temps à autre, elle revient à Edmond, se lance même sur ses traces, traces rares qu’elle parvient à dégotter mais ne se lasse pas. Ainsi, elle part pour Freiberg, en Saxe, où Edmond a étudié dans la Bergakademie (photos ci-dessous). Sur la seule photo satisfaisante qui reste, il porte la tenue officielle des étudiants de cette école. Devenu ingénieur des mines, un « mineur », cela explique le costume comme le lui explique la préposée à l’Office de tourisme de Freiberg.
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Toutes les recherches patientes entreprises par Caroline Lamarche n’ont pas été vaines. Elles lui ont surtout permis de comprendre un peu plus le sort réservé aux homosexuels autrefois et encore aujourd’hui dans certains pays. MAIS elle a surtout mis en exergue ce que vivent les conjoints de personnes vivant leur homosexualité.
Délaissée, ne se déclarant pas victime, elle constate que rien n’est fait pour elle ou pour lui si l’épouse est lesbienne.
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Le Bel Obscur est donc un roman féministe, original, parfois déroutant mais, au final, très émouvant car il porte le regard sur un problème ignoré et à ne pas négliger.
Jean-Paul
