V. 2025 : nos dixièmes Correspondances de Manosque
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V. 2025 : Nos dixièmes Correspondances de Manosque.
27e édition
Dimanche 28 septembre
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Après un samedi très chargé, ce dimanche qui marque la fin… déjà ! de nos dixièmes Correspondances de Manosque, s’annonce plus calme. Au programme, nous avons une autrice jamais lue mais découverte la veille dans le Club des Critiques de la NRF et un auteur qui nous a régalés chaque fois que nous l’avons rencontré à Manosque. Nous n’oublierons jamais l’extraordinaire numéro exécuté avec Dany Laferrière, en 2018.
Jakuta Alikavazovic : Au grand jamais (Gallimard)
Dans ce livre, Au grand jamais, Jakuta Alikavazovic se penche sur l’histoire de sa mère. Qui était donc cette femme qui avait tout quitté, sa Yougoslavie natale, puis renoncé à la poésie ?
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Comme la narratrice ressemble beaucoup à Jakuta Alikavazovic, présentée par Élodie Karaki, nous l’écoutons avec émotion parler de cette femme marquée par l’exil, la guerre et par ce pays à jamais disparu.
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L’autrice sait que sa mère l’a emmenée, en porte-bébé, à l’enterrement de Jean-Paul Sartre, car elle tenait à se situer dans une histoire française. Elle était une poétesse connue en Yougoslavie. Quand elle est arrivée en France, au début des années 1970, elle a changé pour devenir une mère au foyer.
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Il fallait tenter de percer ce mystère, tenter de comprendre pourquoi cette femme émigrée a décidé d’arrêter la poésie. Sa fille lui en veut, exprime sa colère dans sa narration et se sert d’un cousin, Sacha, comme contrepied permanent. Il a la cinquantaine et il est agent de sécurité.
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Au grand jamais reste, au final, un roman sur la liberté, liberté qui se construit, se perd, se retrouve et se transmet.
Alain Mabanckou : Ramsès de Paris (Seuil)
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Avec un tel titre, impossible de ne pas être intrigué par le nouveau roman d’Alain Mabanckou, son quatorzième comme le précise Régis Pénalva qui anime cette rencontre. Non. Pas besoin d’animer avec un client comme Alain Mabanckou car il s’en charge tout seul avec brio ! Il suffit de le présenter succinctement et il s’occupe du reste…
Lui qui enseigne à l’UCLA, l’université de Los Angeles, publie un roman sur l’amour, sur l’amitié.
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Son Ramsès est réceptionniste dans un hôtel du 11e arrondissement de Paris. Ce métier obsède Alain Mabanckou car son propre père l’était à Pointe-Noire en République du Congo. Ici, Ramsès de Paris s’occupe d’un hôtel d’une quinzaine de chambres et tous les Africains y viennent.
Alors, Alain Mabanckou laisse libre cours à sa verve, nous conte de succulentes anecdotes dans lesquelles ses souvenirs remontent et nous passionnent. Il nous fait rire et réfléchir en même temps sur le sort de ces jeunes Africains férus de littérature française, formés par Lagarde et Michard, obligés d’accomplir les besognes les plus basiques alors que leur niveau d’instruction est largement supérieur à celui qui est censé les diriger.
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Il prouve ainsi l’importance de l’imaginaire pour les Africains et le prouve avec cinquante-cinq livres dont les titres se retrouvent à la tête de chaque chapitre. Alain Mabanckou se revendique plus conteur que romancier car cela est plus authentique. Il affirme que le conte sauve le roman car il installe l’imaginaire comme il l’a déjà prouvé dans ses ouvrages précédents.
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Alain Mabanckou affirme : « Quand on se perd, on ne doit pas oublier d’où on vient. » ou encore : « Quelle que soit la durée de la nuit, le soleil reviendra. » Ainsi, il nous a captivé, a déclenché de nombreux rires et, surtout, fait réfléchir.
Après Verre cassé et Mémoires de porc-épic, Ramsès de Paris complète un triptyque qui ne peut que régaler des lecteurs prêts à rêver, à se laisser emporter pour tenter de comprendre ces Africains déracinés qui connaissent souvent bien mieux que nous la littérature française.
Ainsi, avec des éclats de rire salutaires, se terminent, pour nous, nos dixièmes Correspondances de Manosque.
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Nous emportons beaucoup d’idées de lecture bonifiées par le contact direct avec ces autrices et ces auteurs rencontrés sur les places de la ville où Jean Giono a grandi et où nous aimerions tant revenir.
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Ghislaine et Jean-Paul
