Yves Montmartin : Les aventures extraordinaires d'un billet de banque
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Les aventures extraordinaires d’un billet de banque
par Yves Montmartin.
La chouette à lunettes (2025) 275 pages.
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Roman policier que Les aventures extraordinaires d’un billet de banque de Yves Montmartin ?
La réponse est oui, certes, mais il est bien plus que cela.
La citation en début d’ouvrage, extraite de la chanson « Le Stéphanois » de Bernard Lavilliers, en quelque sorte le héros du roman, résume en partie la teneur du bouquin, en faisant référence à ce fameux billet de banque :
« Si tu savais ce que je sais,
dans quelles mains je suis passé... »
Mais la dédicace en page suivante : « à tous mes amis auteurs qui un jour ont été confrontés à l’angoisse de la page blanche », augure d’un autre thème, celui de l’écrivain en mal d’inspiration. Et effectivement, ce thème va donner lieu à un prologue, qui, à lui seul, presque une centaine de pages tout de même, est déjà un roman.
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Quel plaisir, au début, de faire connaissance au cours d’une soirée organisée pour fêter son départ à la retraite, avec Wilfried Sabatier, cet homme qui a passé quarante-deux années dans la même entreprise.
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Il va enfin pouvoir assouvir deux objectifs essentiels : lire et goûter à l’ennui, avec cependant un troisième en perspective, celui d’écrire.
Il se lance donc dans l’écriture, et, après des débuts laborieux pour trouver un éditeur puis un essai d’autoédition, il se trouve soudain sous le feu des projecteurs, un éditeur ayant enfin reconnu son talent. Il est même en lice pour plusieurs prix littéraires avec sa trilogie. Mais le succès est fugace car bientôt il ne peut satisfaire la demande de son éditeur, l’inspiration l’ayant totalement fui.
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Et là, presque comme par un tour de magie, en pleine désillusion, la découverte chez un disquaire du seul vinyle de Bernard Lavilliers qu’il ne possède pas : Le Stéphanois, paru en 1975 !
Cet achat à lui seul lui procure un plaisir intense et l’écoute du premier des onze titres de l’album, Les aventures extraordinaires d’un billet de banque va le sauver de la dépression dans laquelle il s’était peu à peu enfoncé, trouvant dans cette chanson, par ailleurs superbe, le thème de son prochain roman.
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Avec Les aventures extraordinaires d’un billet de banque, Yves Montmartin ne se contente pas de nous retracer la courte vie d’un billet de banque, de vingt euros en l’occurrence, quatre à cinq ans environ, avant d’être incinéré, même s’il en est évidemment question, durant une bonne partie du bouquin. Nous le suivons en effet depuis son impression à Chamalières (photo ci-dessus) sur du papier fabriqué à la papeterie de Vic-le-Comte, deux localités situées dans le Puy-de-Dôme, son point de départ. Mais il n’est pas fait pour y rester. En effet, si la durée de son existence est souvent relativement courte, elle peut être jalonnée de voyages dans diverses contrées et être témoin de multiples aventures et certaines même, mortelles.
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C’est ainsi que l’auteur, de manière concise et très explicite, nous fait entrer dans un moment de vie de pas moins de dix personnages et même onze, le dernier n’étant rien moins que l’écrivain lui-même.
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Tous, que ce soit l’employé de l’imprimerie de la Banque de France, le facteur, l’éleveur de moutons et j’en passe, ont deux points communs. Tous ont eu en main un billet de vingt euros et tous vont disparaître dans des circonstances dramatiques pour le moins inattendues !
Excellent roman policier qui nous ménage à chaque histoire d’étonnantes surprises et d’étranges retournements de situations.
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Si toutes sont originales et leur chute insoupçonnée, j’ai particulièrement savouré celle de cet ancien maquisard de quatre-vingt-dix-sept ans que la municipalité , lors de l’arrivée de la flamme olympique dans la ville, a désigné, pour son dévouement et son exemplarité, premier porteur de la flamme et celle d’Antoinette, cette ancienne boulangère, doyenne du village qui n’hésite pas à aider cette Ukrainienne Loubiana et ses deux enfants et réciproquement.
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Quant au rebondissement absolument génial qui survient dans l’épilogue et dont je ne peux hélas pas témoigner la teneur, pour ne pas divulgâcher votre lecture, il m’a tout simplement scotchée et enthousiasmée par son originalité.
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Même si j’avais apprécié les précédents romans de Yves Montmartin (photo ci-dessus), notamment Le code et Hispaniola 1 (Calixte) et 2 (Victoire), celui-ci m’a encore davantage plu tant par le fond que par la forme et j’en profite pour le remercier ici, pour sa confiance renouvelée.
Ghislaine
