Alain Yvars : Ma galerie imaginaire
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Ma galerie imaginaire par Alain Yvars.
Si les œuvres parlaient
BoD (2025) 161 pages.
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Pour son troisième recueil de la série Si les œuvres parlaient, intitulé Ma galerie imaginaire, Alain Yvars a choisi pour la couverture une œuvre splendide de la période fauviste, Femme en chemise de André Derain.
Cette femme aux cheveux flamboyants, assise sur le bord d’un lit, le regard dirigé vers le spectateur, en l’occurrence ici, le lecteur, semble s’adresser à lui comme pour le défier de comprendre ce que les œuvres expriment.
Mais c’est sans compter sur le talent de cet ancien peintre pastelliste qu’est Alain Yvars, passé maître dans l’art d’imaginer les peintres qui ont fait l’histoire de l’art et qui, s’inspirant de leur talent, écrit des récits qui leur sont consacrés nous invitant ainsi à décrypter leurs œuvres avec lui.
Dans ce dernier opus qui peut être lu indépendamment des deux premiers sans aucun problème, Alain Yvars (photo ci-dessous) fait revivre seize toiles en nous contant seize histoires insolites nées de ces dernières.
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Parmi celles-ci, seulement cinq n’appartiennent pas au courant impressionniste. Il s’agit de tableaux d’Eugène Delacroix, de Jean Fouquet, de Frans Hals, de Johannes Vermeer et de Georges de la Tour.
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Avec une grande justesse, beaucoup de simplicité, de poésie, et une impressionnante culture artistique, l’écrivain-artiste réveille à la fois l’auteur du tableau choisi, mais également les personnages le composant, les identifiant souvent, les fait discourir entre eux, nomme parfois et décrit précisément certains lieux où l’œuvre a été créée et remet en mémoire certains métiers oubliés comme les canotiers dans un tableau d’Auguste Renoir « Le déjeuner des canotiers » ou les lavandières dans un d’Eugène Boudin « Lavandières au bord de l’étang ».
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L’auteur, en les replaçant dans leur contexte historique, insiste sur les difficultés qu’ont rencontré ces peintres représentatifs d’une nouvelle génération qui couchent sur la toile leurs « impressions visuelles », et l’incompréhension à laquelle ils se sont heurtés. Si certains critiques comme Zola les ont soutenus, la plupart les moquait, tel Louis Leroy, le fameux critique du « Charivari », qui, lors de la première exposition de 1874 où une trentaine de peintres avant-gardistes avaient accroché leurs toiles, dont Claude Monet, Edgar Degas, Auguste Renoir ou encore Berthe Morizot, seule femme du groupe, titra sa chronique « l’exposition des impressionnistes ». En voulant ironiser, il venait d’offrir un titre à ce nouveau courant artistique.
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« Ma galerie imaginaire, Si les œuvres parlaient » comme les précédents ouvrages que j’ai eu le plaisir de lire d’Alain Yvars, deux biographies romancées « Que les blés sont beaux, L’ultime voyage de Vincent Van Gogh » et « Camille muse de Claude Monet » sont certes des romans d’une lecture aisée même pour des néophytes mais aussi de véritables livres d’art. En effet, il faut le préciser, toutes les œuvres présentées, mises en scène et en mouvement sont insérées dans l’ouvrage et, même si l’auteur déplore ne plus pouvoir imprimer sur du papier photo brillant, la qualité des images reste cependant excellente, celui-ci réussissant à les obtenir avec une grande patience auprès des grands musées mondiaux.
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Seule une personne dotée d’une grande sensibilité, d’une extrême délicatesse, d’une connaissance approfondie de l’art, d’un amour de la poésie et de la peinture et évidemment d’une grande imagination et d’une belle plume peut parvenir à emmener ses lecteurs dans un voyage émotionnel aussi intense plein de fraîcheur et de couleurs.
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Merci Alain pour ce somptueux cadeau de Noël inattendu !
Ghislaine
