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Les rues de Lyon, numéro 132 : Mémoires d'Arménie

Les rues de Lyon  numéro 132. 

Histoire : Mémoires d’Arménie.

par Virginie Ollagnier, Claudius Thizy (scénario) et Frane (dessin et couleur).

 L’Épicerie séquentielle (décembre 2025) 12 pages.

 

 

Ce numéro 132 de décembre des Rues de Lyon est consacré à la mémoire arménienne à Lyon.

 

Au début de leur récit, les scénaristes Virginie Ollagnier et Claudius Thizy évoquent Charles Aznavour et ce lien méconnu entre sa famille et le grand poète arménien Missak Manouchian, figure de la résistance, immigré arménien comme les parents du chanteur. Ils étaient réfugiés à Paris comme tant d’Arméniens ayant pu fuir le génocide.

 

En effet, le génocide des Arméniens, initié dès la fin du 19ème siècle et qui s’est poursuivi après la prise de pouvoir des Jeunes Turcs, principalement entre 1915 et 1916 a poussé les victimes à chercher une terre d’exil. Cette quête les a conduits notamment dans la vallée du Rhône, plus particulièrement dans l’agglomération lyonnaise.

 

La page consacrée à l’histoire de ce génocide est particulièrement bien mise en image par Frane, avec une représentation caricaturale concise, d’une incroyable justesse, du sultan Abdülhamid II,  connu comme « le grand saigneur », et, à l’origine d’une telle monstruosité.

 

 

Le mémorial lyonnais du génocide arménien, situé Place Antonin-Poncet dans le deuxième arrondissement, dédié à tous les génocides, selon la volonté de la communauté arménienne, rappelle aux passants ce que les Arméniens ont subi.

 

 

L’achèvement de ce monument unique au monde date seulement de 2006, les gouvernements turcs successifs ayant refusé d’admettre ce crime. Sa construction ne s’est pas faite sans mal non plus, des manifestations regroupant plus de 3000 personnes de la communauté turque, en mars 2006, ont eu lieu pour s’opposer à la construction du mémorial.

 

 

Ensuite pour se tourner vers des choses plus joyeuses, les auteurs retracent le parcours de quelques figures arméniennes qui se sont illustrées à Lyon. Ainsi, le parcours exemplaire de Napoléon Bullukian, résistant aux côtés du futur maire Louis Pradel, qui a fait fortune dans l’immobilier et est devenu un collectionneur d’art tout en finançant la recherche contre le cancer. Il est à l’origine de la Fondation qui porte son nom, soutenu par une diaspora déjà très présente à Lyon.

 

 

Ouverte et d’une grande solidarité, la communauté arménienne s’est en effet structurée pour accueillir les nouveaux arrivants et a prospéré ainsi dans la culture lyonnaise s’appropriant soie et gastronomie les emblèmes de la ville. Djebrail Bahadourian en est un exemple célèbre, sa petite épicerie étant devenue une institution des saveurs, ses descendants ayant depuis repris le flambeau.

 

 

Cet aperçu très intéressant ne peut qu’inciter le lecteur à se documenter plus précisément sur ce douloureux processus de reconnaissance de génocide et sur les répercussions culturelles de ces migrations pour la région.

 

 

Mémoires d’Armènie, dernier numéro de l’année du mensuel de bande dessinée Les rues de Lyon s’est une nouvelle fois révélé très instructif tout en étant très attractif.

 

Merci Vincent.

Ghislaine

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