Manu Causse : La maison du bonheur
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La maison du bonheur par Manu Causse.
Avec la participation d’Emmanuelle Debon.
Harper Collins / traversée (2025) 338 pages.
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La maison du bonheur. Voilà un titre bien trompeur qui peut attirer le lecteur… ça rime ! ou le dissuader alors que ce livre dont l’auteur principal se nomme Manu Causse relate une terrible aventure familiale suivant Youma, une ado rebelle et tellement attachante.
En fait, Manu Causse (photo ci-dessus) est le beau-père de Youma. Avec Emmanuelle Debon, la maman, ils forment ce qu’on appelle aujourd’hui une famille recomposée. Tout de suite, je dois dire qu’Emmanuelle intervient dans le récit, une véritable co-autrice dont les textes ont une force allant crescendo.
Les Manus, comme ils se nomment ont chacun deux enfants : Anton et Élias pour Manu alors qu’Emmanuelle est la mère de David et Youma.
Lorsqu’ils ont recomposé leur foyer, ils ont imaginé la maison idéale, à Toulouse, une villa insérée entre deux pavillons. Si leur chambre, le salon et la cuisine se trouvent au rez-de-chaussée, à l’étage, chaque enfant a sa chambre.
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Après avoir livré un beau portrait d’Emmanuelle (photo ci-dessous), Manu avoue que le titre du livre fait écho à l’inscription notée sur un thermomètre placé sur un mur extérieur.
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Hélas, tout commence à se gâter lorsque Youma (18 ans) se plaint d’une douleur dans la poitrine, douleur qui ne passe pas. Elle est la seule des quatre à vivre encore sous leur toit alors que le premier confinement se termine. Elle fume, se drogue peut-être, est accro à son portable mais lors de ce repas familial du premier dimanche de juin 2020, la terrible nouvelle est connue de toute la famille réunie : Youma a un cancer du poumon.
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Tout de suite, Manu Causse, beau-père de Youma, décide de tenir un journal afin de suivre tous les événements devant mener Youma à la guérison ; la première chimio est programmée pour le mercredi 24 juin à l’Oncopole. L’écriture est naturelle, spontanée, pleine de franchise, un style bien d’aujourd’hui.
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Malgré toutes les difficultés, les tensions, les souffrances endurées par la jeune fille, Manu ne se départit jamais de son humour. Suivant son état, Youma rigole, reste indifférente ou se révèle agressive.
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Tout au long de cette éphéméride peu ordinaire, la musique est bien présente avec Hallelujah !, la fameuse chanson de Leonard Cohen… inoubliable ! Avec sa mère, Youma partage une passion bien compréhensible pour ce titre, sorte de fil rouge pour La maison du bonheur.
Hospitalisée à l’Oncopole de Toulouse, Youma n’est plus à la maison qui est alors bien vide. Bien sûr, elle est remarquablement soutenue par ses proches. Son père agit aussi. Comme il part en mission à la Martinique, Youma va y passer quelques semaines quand la maladie lui offre une rémission.
Effectivement, Manu n’est pas le père de Youma et elle peut l’écarter parfois mais ils ont tout en commun avec les jeux, la musique et leur amour réciproque ne peut que s’affirmer, toujours avec pudeur et précaution. Les SMS permettent aussi d’être constamment en relation alors que les chimios se succèdent et que Youma est obligée d’être opérée à l’hôpital de Rangueil. Au passage, j’apprends un mot : réséquer qui signifie enlever en coupant, tailler, rogner, retrancher, supprimer…
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Il en faut de l’humour pour résister à cette maladie qui, si elle laisse quelques répits, ne veut pas disparaître complètement. Youma impressionne avec une joie, une volonté de vivre débordante. Les poèmes, les confidences de sa mère me touchent au plus profond comme l’amour extraordinaire qui lie les membres de cette famille malgré tout ce qui s’accumule.
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Il y a aussi cette impressionnante lettre écrite par Youma aux médecins, la faillite des psychologues, la détresse d’une mère, l’espoir, la vie qui continue. Que d’émotions ! Que de tendresse !
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Grâce à Babelio et à Harper Collins que je remercie, j'ai pu lire La maison du bonheur, un livre d’amour plein de moments difficiles mais cet amour est « plus grand que nous » comme le confie Manu Causse au final.
Hallelujah !
Jean-Paul
