Albert Camus : L'étranger
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L’étranger par Albert Camus.
Gallimard (1942) ; Folio (1972) 186 pages etc… ; Feryane (2010) 229 pages.
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Aussi incroyable que cela puisse paraître, même si je connaissais la teneur de ce roman emblématique d’Albert Camus, son impact considérable sur la littérature française et mondiale, je n’avais jamais lu L’étranger, paru en 1942 ! Impardonnable.
Il a fallu la sortie du film de François Ozon pour que j’aille dans un premier temps voir son adaptation au cinéma, pour qu’enfin, je remédie à cette lacune impardonnable et que je plonge enfin dans la lecture de cette œuvre incontournable pour tout lecteur qui se respecte.
L’incipit considéré comme l’un des plus célèbres de la littérature française met en exergue l’un des traits de caractère de ce jeune Meursault vivant à Alger, en Algérie française, son indifférence face à la vie et aux émotions :
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. » Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »
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Le jeune homme, un employé de bureau modeste, qui est aussi le narrateur va donc se rendre aux obsèques de sa mère qu’il avait placée dans un hospice à Marengo, à quatre-vingts kilomètres d’Alger et assister à ses funérailles sans montrer la moindre émotion.
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Le lendemain même de son retour à la capitale, un samedi, il se rend à l’établissement de bains du port, y retrouve une ancienne collègue de bureau avec qui il entame une liaison.
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Il reprend ensuite son travail et pense que, somme toute, rien n’a changé.
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C’est son voisin de palier, Raymond Sintès, qui va venir perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches jusqu’au jour où, Meursault va se retrouver impliqué dans une altercation avec un Arabe sur la plage et va commettre sous un soleil torride, dans un moment de chaleur suffocante et de confusion, un geste irréparable.
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Arrêté, interrogé puis jugé pour avoir tué un homme sans réelle intention, il sera condamné à mort davantage pour son indifférence et son refus des normes sociales que pour le meurtre lui-même.
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Cette indifférence et cette absence d’émotions du narrateur m’ont pas mal déroutée, étant habituée à découvrir dans les romans des personnages autrement plus expressifs et je reste marquée, comme je l’ai été d’ailleurs dans la version cinématographique, par le détachement émotionnel de Meursault.
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En fait, L’étranger se présente comme un roman philosophique, une réflexion profonde sur le sens de la vie, sur la mort, la solitude, la justice et le regard de la société sur ceux qui ne correspondent pas aux normes sociales, qui ne se sont pas insérés dans la société.
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À travers le personnage de Meursault, un homme détaché, sincère, indifférent face aux conventions sociales, qui mène une vie sans projet ni émotion, pouvant être qualifié de anti-héros, Albert Camus (photo ci-dessous) explore l’absurdit
é de la condition humaine en nous confrontant à notre propre mortalité inéluctable.
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Par ce comportement atypique qui finit par le marginaliser complètement, Meursault devient L’étranger.
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Avec des phrases courtes, une écriture sobre, précise, un style clair, concis et percutant, Albert Camus nous invite à réfléchir sur notre propre existence et notre place dans la société.
Déroutant, dérangeant, L’étranger offre une critique sociale profonde et pertinente dont le message universel sur l’absurde, la liberté et la justice en fait une œuvre intemporelle.
Ghislaine
