David Diop : Où s'adosse le ciel
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Où s’adosse le ciel par David Diop.
Julliard (2025) 363 pages.
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En écrivant Où s’adosse le ciel, David Diop a démontré un talent impressionnant pour mêler l’antiquité égyptienne et l’aventure folle de Bilal Seck, un jeune Sénégalais traversant l’Afrique d’est en ouest, justement sur les traces de ces Égyptiens qui rêvaient de créer une nouvelle Abydos, comme ils nomment ce pays fantasmé.
D’emblée, l’auteur me fatigue vraiment avec une quantité de noms, de divinités, de personnages de légende dans cette Égypte tombée sous la domination grecque.
Cette lecture est très énigmatique. Elle est destinée à éclairer les événements qui vont suivre. J’admire toute la documentation dans laquelle s’est plongé David Diop mais c’est lassant, même si les choses s’éclairent doucement.
Enfin, il faut que je revienne sur le cas de Bilal Seck dont l’apparition me soulage à chaque fois. Bon, il faut supporter toutes les références à l’islam puisque notre héros achève un pèlerinage à La Mecque mais j’ai appris, dès le début, que notre homme est un griot royal originaire de Maka, près de St-Louis, au Sénégal. Les superstitions font des dégâts. À cause de son origine, il sait qu’il n’aura pas droit à une sépulture mais que son cadavre sera pendu à une branche de baobab pour que sa dépouille sèche. Son souhait le plus cher est de briser l’histoire de l’indignité de sa caste dont il est le soixante-douzième maillon.
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Au cours de son pèlerinage, son maître, Yérim Thiaw, l’a abandonné et cela, Bilal ne peut pas l’oublier mais commence à citer, en italiques, la légende égyptienne qui va animer une bonne partie du roman, légende sur laquelle il base son périple extraordinaire.
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Lorsque l’épidémie de choléra frappe, David Diop (photo ci-dessous) écrit des pages d’une force extraordinaire sur les pas de Bilal, personnage hors du commun qui m’épate de plus en plus. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et je croise quelques Français qui essaient d’imposer la présence de notre pays un peu partout en Afrique. L’auteur glisse souvent des formules impressionnantes, des phrases délicieuses, toujours d’une justesse admirable.
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Avec ça, il faut suivre le parcours de ceux nommés les sacrilèges entraînés par Ounifer, le grand prêtre. Il a été dénoncé par Kémi, son épouse, qui est aussi du voyage. Elle pense qu’il est un imposteur. Il y a aussi le scribe, Sekhsekh, dénonciateur aussi, également du voyage… c’est compliqué. Ah oui, il ne faut pas que j’oublie Antef, l’archer, orphelin nubien qui rêve de reconquérir Méret cheminant avec Ounifer et sa troupe.
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Antef fait partie des hommes du général Ptahhotep qui est chargé de suivre les sacrilèges comme le lui a ordonné Ésitout-Pétoubastis, le grand-prêtre de Ptah, à Memphis… Je vous l’ai dit, c’est un peu compliqué.
Ce grand voyage à travers désert et montagnes se fait avec des bergers iountiou qui s’occupent du bétail, véritable garde-manger ambulant.
Dans ce roman, David Diop (Frère d’âme et La porte du voyage sans retour) détaille le processus de momification et parle des pilleurs de tombes. C’est bien mis en scène et je ne révèle pas les noms des protagonistes mais j’ai bien aimé cette séquence à la recherche du trésor d’Osiris. Je n’ai pas regretté d’avoir patienté jusque-là !
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Surtout, il ne faut pas manquer d’aller voir la carte du voyage de retour de Bilal Seck, de La Mecque à St-Louis. Elle est toute discrète en fin d’ouvrage et ne manque pas de m’impressionner. Justement, vous y trouverez Djenné (photo ci-dessus), cette petite ville où la vie de Bilal changera vraiment au contact de Balla Kanté et sa famille.
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Bien sûr, nos fugitifs antiques sont passés par là avec un lot impressionnant de coups fourrés, de trahisons, d’amour aussi, après avoir traversé des contrées vraiment hostiles. Heureusement, quelques lacs et rivières ont pu leur apporter un peu de bien-être mais… attention aux crocodiles !
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Où s’adosse le ciel se termine alors que le XXe siècle est déjà bien entamé car Balla Kanté meurt en 1904. Qui sera le soixante-quatorzième passeur après Bilal et Nételli, sa fille ? Pour le savoir, lisez jusqu’au bout le dernier roman de David Diop.
Jean-Paul
