Les rues de Lyon, numéro 133 : Un rêve de Canuts
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Les rues de Lyon numéro 133
Histoire : Un rêve de Canuts, L’épicerie solidaire.
par Loetare.
L’Épicerie séquentielle (janvier 2026) 12 pages.
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Pour ce tout premier numéro de l’année 2026 des rues de Lyon, Leotare s’est penché, avec talent, il faut le souligner, sur l’invention de la coopérative basée sur les principes du mutuellisme.
C’est Michel-Marie Derrion, fils d’un négociant à la tête d’une petite maison de soierie qui fait partie des saint-simoniens, « ce cercle d’intellectuels qui cherche à définir l’élite par les compétences techniques et technologiques plutôt que par la naissance », qui va décider à la suite des révoltes ouvrières de 1834, de s’investir dans la lutte ouvrière, souhaitant créer une voie pacifique vers l’émancipation des travailleurs.
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Il rencontre d’abord Joseph Reynier, un ouvrier tisseur, ayant joué un grand rôle dans le mouvement fouriériste proposant des modèles de contre-sociétés socialistes par le peuple, pour le peuple. Puis, ayant écrit un livret pour une nouvelle constitution de l’industrie, publié en juin 1834, il fait connaissance avec Eugénie Niboyet, directrice du journal Le Conseiller des femmes, qui va relayer avec empressement sa publication.
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C’est ainsi que le 25 juin 1835, au 6, montée de la Grand’Côte, ils ouvrent le premier Commerce Véridique et Social. Cette épicerie, selon leurs préceptes, dont les souscripteurs sont des fouriéristes, ouvriers, négociants, redistribue les bénéfices à parts égales aux souscripteurs, aux producteurs, au fonds social et aux clients eux-mêmes.
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Deux ans plus tard, sept magasins « Véridiques et Sociaux » ont ouvert, dispersés dans toute la Croix-Rousse.
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L’expérience durera trois ans, des difficultés économiques conduiront à sa disparition. Mais, bien que de courte durée, l’impact du Commerce Véridique et social fut significatif, démontrant le potentiel des coopératives ouvrières et la possibilité d’un système plus équitable et cette expérience inspirera d’autres utopistes à monter des commerces alternatifs sociaux, ce, depuis les Pentes de la Croix-Rousse jusqu’au Brésil où Derrion, en 1841, avait fondé un village organisé en phalanstère.
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Loetare a su mettre en scène de façon brillante ce projet des épiceries solidaires qui émergent dans un contexte d’espoirs révolutionnaires et de luttes ouvrières aussi bien avec un texte clair, précis et bien documenté, qu’artistiquement, avec de magnifiques dessins et de superbes aquarelles très douces.
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Merci Vincent.
Ghislaine
