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Raphaël Quenard : Clamser à Tataouine

Clamser à Tataouine   par  Raphaël Quenard.  

Flammarion (2025) 189 pages.

 

 

 

 

On a beau connaître une bonne partie du récit. On a beau se laisser emporter par l’histoire rocambolesque et horrible de ces six assassinats de femmes, il est impossible de deviner le coup de théâtre final que Raphaël Quenard réserve à la fin de Clamser à Tataouine.

 

Lors des Correspondances de Manosque 2025, la programmation réservait une lecture musicale, par Raphaël Quenard, lecture de quelques pages de son premier roman, accompagné par le guitariste et chanteur Butch McKoy (photo ci-dessous). Quand Emma, notre petite-fille, grande déjà, a vu cette annonce, elle a fortement insisté pour nous ne laissions pas passer l’occasion, elle qui aurait tellement aimé y être. Nous avons suivi ses conseils et nous ne l’avons pas regretté.

 

 

Pourtant, la journée de ce samedi 27 septembre avait été chargée avec « Javier Cercas et l’imposteur », le film de Catherine Bernstein, le matin, puis Javier Cercas encore avec Le Fou de Dieu au bout du monde, en début d’après-midi, suivi d’Emmanuel Carrère pour Kolkhoze, puis Arbon (Les derniers jours de Harry Yuan), Clément Camar-Mercier (La tentation artificielle) et Le Club des Critiques de la NRF d’Olivia Gesbert avec Vincent Message, Jakuta Alikavazovic, Anne Serre et Julien Delmaire. Journée intense comme nous les aimons mais pas terminée puisqu’en fin de soirée, au Théâtre Jean-le-Bleu, Raphaël Quenard nous a scotchés sur nos sièges avec deux assassinats incroyables, incompréhensibles, d’une aristocrate, Marthe, et de Louise, belle rousse, emmenée sur les hauteurs dominant Grenoble d’où la coqueluche du cinéma français est originaire.

 

 

De plus, il y a eu aussi Tataouine et cette Liliane dont il parle en termes à la fois tendres et moqueurs malgré le grand âge de cette femme chez qui il loge.

 

 

Sur un ton semblant monocorde, casquette à l’envers vissée sur la tête car, par contrat, pour un biopic consacré à Johnny Haliday, en cours de tournage, il devait cacher sa coiffure, Raphaël Quenard a prouvé qu’il était vraiment un bon acteur, seul, face à une salle comble et suspendue à ses lèvres.

Photo ci-dessus : Le mont Saint-Eynard (massif de la Chartreuse).

 

Butch McKoy égrenait ses notes de guitare, chantait aussi mais l’envie d’en savoir plus, de connaître les tenants et les aboutissants de Clamser à Tataouine était forte.

 

 

Alors, je me suis laissé embarquer par une écriture directe, sans fard, très vivante si j’ose, alternant aisément les registres de langage. Le narrateur, garçon aux gros problèmes existentiels, un vrai psychopathe, nous embarque dans ce roman. Il raconte ses six assassinats complètement gratuits d’une aristocrate, d’une ingénieure, de la femme d’un footballeur, d’une jeune actrice, d’une caissière et, enfin, d’une SDF… le compte est douloureux mais exact.

 

 

Heureusement, au passage, l’auteur laisse libre cours à son narrateur pour livrer d’excellentes remarques sur notre société. Son humour est toujours direct, grinçant parfois. Il peut être truculent aussi et se laisser aller à des considérations très philosophiques.

 

 

Clamser à Tataouine n’est pas écrit pour plaire mais pour faire vibrer, pour révolter et pousser la réflexion sur notre société. L’absurde est souvent nécessaire pour aller plus loin et Raphaël Quenard a réussi un premier essai qui en amènera peut-être d’autres…

 

Jean-Paul

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