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Raphaël Quenard : Clamser à Tataouine

Clamser à Tataouine    par  Raphaël Quenard.  

Flammarion (2025) 189 pages.

 

 

L’intrigue débute à Tataouine en novembre 2024. Un gars plus ou moins paumé, le narrateur, vient de débarquer et trouve à se loger chez une octogénaire, Liliane, chez qui il a trouvé la parade ultime : vivre à ses crochets mais avec qui il se lie d’amitié et finit par lui confier qu’il est venu ici pour écrire son premier livre.

 

Suit alors son histoire sous forme d’un long flashback, son parcours de marginal qui n’a jamais trouvé de sens à son existence, n’a jamais cherché à s’intégrer, et qui après une tentative de suicide avortée, devient tueur en série, trouvant plus facile de rejeter l’entière responsabilité de son ratage sur la société.

 

Le ton est donné d’ailleurs par l’incipit, mise en garde de l’auteur : « La discutable dextérité dont j’ai fait montre pour me dépatouiller de mon existence laisse à penser que je suis tout sauf un exemple à suivre. »

 

Nous voilà donc dans la tête de ce tueur en série qui va faire payer son mal-être en se proposant d’accomplir une épopée macabre qui va prendre forme peu à peu. Pour que la société s’acquitte de ce mal-être dont il la tient responsable, il décide de frapper symboliquement en tuant un représentant de chacune des classes sociales. En l’occurrence, ces représentants seront des femmes, non pas par virilisme vengeur, affirme-t-il, mais pour « dépenser mes dernières heures auprès de ceux qui ont toujours eu ma préférence. À savoir les femmes. »

 

 

Choisissant ses victimes au gré de ses rencontres, selon la classe sociale recherchée, ce sont six femmes de l’aristocrate à la SDF que notre psychopathe pervers et beau-parleur trucidera sans aucun état d’âme.

 

 

Clamser à Tataouine de Raphaël Quenard est un roman que je n’aurais sans doute jamais lu si ma petite-fille, Emma, ne m’avait pas encouragée lorsque j’étais présente aux Correspondances de Manosque, à aller assister à la lecture musicale de cette œuvre présentée par l’acteur-écrivain,  accompagné par Butch McKoy (photo ci-dessous).

 

 

Appréciant beaucoup ses talents d’acteur, c’est sa prestation qui m’a convaincue de découvrir son ouvrage et je ne l’ai pas regretté

 

 

J’ai aimé cette galerie de personnages qu’il présente, à commencer par celle qui l’héberge à Tataouine et dont le quotidien est loin d’être une partie de plaisir, cette Liliane un peu foldingue mais touchante, et qui se révèle plus finaude que notre sociopathe l’avait imaginé. C’est sans doute son personnage le plus étoffé. J’aurais apprécié que les autres portraits soient un peu plus développés.

 

 

Beaucoup d’humour noir, un style percutant, très provocateur pouvant parfois faire grincer des dents, un ton cynique, souvent insolent, en tout cas très audacieux, un texte inventif, le tout couplé à un langage atypique, parfois très cru, qu’il triture utilisant aussi bien des mots de langage soutenu que du langage fleuri ou du verlan, rendent le roman unique et original, l’ensemble démontrant un goût prononcé pour la provocation.

 

 

J’ai trouvé intéressantes et assez pertinentes, même si elles restent superficielles les différentes  descriptions des strates sociales évoquées, tout comme le rappel de son origine grenobloise dans la « malencontreuse » mortelle randonnée. 

 

 

Tout au long de ma lecture, j’ai « entendu » l’acteur. Car plus que le lire, il faut aller l’écouter sur scène comme j’ai eu la chance de le faire pour l’apprécier totalement : là, le plaisir est total.

Ghislaine

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En effet j'ai entendu parler de ce livre mais au départ il ne m'attirait pas plus que ça, tu m'intrigues du coup :)
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