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Stephene Gillieux : Ici tombent les filles

Ici tombent les filles    par  Stephene Gillieux.

Phébus (2026)  253 pages.

 

 

 

De la première à la dernière ligne, j’ai été happé par le récit de Stephene Gillieux qui m’a emmené dans une histoire à la fois effroyable et profondément humaine.

 

Ici tombent les filles, son premier roman, débute par une terrible scène… déjà ! Cette jeune renarde voulait simplement jouer avec ce garçon sorti, de nuit, une hache à la main…

 

Déjà, je ressens des frissons causés par l’horreur d’un massacre complètement gratuit, une violence qui sera la marque essentielle de tout le roman.

 

J’apprends que le dérèglement climatique a bouleversé la vie quotidienne, particulièrement ici, sur cette Butte où vit une famille apparemment en symbiose parfaite avec la nature.

 

Je fais connaissance avec Pihla, l’aînée, Dag, Mette et Finn, les enfants. Dag porte un prénom masculin car elle a vu le jour avec un jumeau mort-né. Ses parents désirant absolument un garçon lui en veulent terriblement comme si elle était responsable de sa mort.

 

 

Après Mette, troisième fille, est né enfin, le mâle tant attendu : Finn. Dag avait trois ans quand la famille a quitté l’immeuble où elle habitait pour venir s’installer à la Butte, au milieu des bois où le père a restauré et agrandi la cabane de Luis, l’arrière-grand-père, car la famille vivait là autrefois. C’est à la Butte que Mette et Finn sont nés.

 

 

Tout débute donc très bien, presque ; le père est garde-forestier et n’a pas son pareil pour aménager, construire. Les filles ont leur dortoir alors que Finn a sa chambre.

 

 

Bien sûr, les enfants sont scolarisés dans la vallée mais ne s’intègrent pas ; ils sont un peu sauvages. Le responsable est sûrement le père qui ressasse régulièrement l’histoire de la sorcière, une malédiction qui plane sur les filles et qui fait craindre le pire qui… se profile.

 

 

La nature sauvage est remarquablement décrite. Stephene Gillioux excelle dans ce domaine et donne même envie de partir explorer ces forêts, d’admirer ces lacs, cette tourbière malgré ce Mont, redoutable, qui domine l’ensemble.

 

 

Finn a 8 ans. À l’école, il préfère l’atelier, le travail du bois. D’ailleurs, son père voudrait qu’il coure dans la forêt, comme lui. Cela pourrait sembler idyllique mais tout se gâte lorsque Pihla, l’aînée, commence à saigner. Elle a ses règles comme Madame D., l’institutrice, le lui explique. Sans délai, le père commence à entraîner Pihla à grimper dans la montagne. Il lui apprend à dépecer le gibier mais le test de la traversée du lac gelé montre que, derrière cet entraînement physique et cet apprentissage, se cache un projet des plus pervers, des plus atroces… Cela fait que je ne peux plus rien dire…

 

 

En lisant Ici tombent les filles, je me suis laissé emporter par l’écriture de Stephene Gillioux (photo ci-dessous), terriblement angoissante avec cette mort qui règne constamment. L’ambiance morbide qui règne dans cette famille où la mère joue un rôle des plus troubles, est amplifiée par les événements climatiques terribles venus tout bouleverser. Je suis pris dans une véritable apocalypse.

 

 

Le rythme du récit est soutenu, puissant, angoissant toujours. Je suis complètement absorbé par l’insoutenable suspense de cette histoire de malédiction familiale. La tension augmente au fil des pages et je ne peux plus poser le livre car les coups de théâtre se succèdent et le moindre espoir est balayé.

 

En écrivant Ici tombent les filles, Stephene Gillieux a prouvé un immense talent d’écriture, un sens poussé du suspense, une habileté incroyable pour laisser espérer tout en poussant son lecteur jusqu’au bout d’une histoire dont je conseille vraiment la lecture.

 

 

Aussi, je remercie sincèrement les éditions Phébus pour m’avoir permis de plonger dans ce récit extraordinaire, un livre qui sera en librairie dès demain, jeudi 15 janvier 2026 !

 

Jean-Paul

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M
Il a l'air très prenant et tu me donnes vraiment envie de le découvrir. Je viens de le mettre dans mon pense-bête sur Babelio.
Répondre
J
Bonne idée, Manou !
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