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Laurent Gaudé : Le Soleil des Scorta

Le Soleil des Scorta  par  Laurent Gaudé.

Actes Sud (2004) ; Babel (2006) 283 pages ; J’ai Lu (2013) 248 pages.

Actes Sud, édition Collector (2025) 246 pages.

Prix Goncourt 2004.

 

« Les hommes, comme les olives, sous le soleil de Montepuccio, étaient éternels. »

 

 

 

 

C’est la dernière phrase, évocatrice et finalement optimiste, d’un roman que les éditions Actes Sud ont eu la bonne idée de rééditer en version Collector.

 

Il s’agit de : Le Soleil des Scorta, Prix Goncourt 2004, un magnifique roman signé Laurent Gaudé. Ce livre à la couverture cartonnée, avec un beau dessin ornant la tranche est une réussite et je ne regrette pas d’avoir rattrapé mon retard impardonnable : n’avoir jamais lu cette histoire se déroulant sous le chaud soleil des Pouilles, au sud de l’Italie.

 

Tout a commencé de manière très rude avec cet homme, sur un âne, revenant à Montepuccio, en 1875. Il s’appelle Luciano Mascalzone et a environ 40 ans. C’est un bandit qui fait peur à tout le monde. Après quinze années de prison, il revient pour faire l’amour avec celle dont il rêve depuis tant d’années : Filomena Biscotti. Il sait aussi qu’il mourra ensuite.

 

Quand il frappe à la porte de la maison des Biscotti, tout le village dort : c’est l’heure de la sieste. La chaleur est torride. Quand la femme ouvre, il entre, la déshabille et la prend.

 

 

La suite, je vous la laisse découvrir si vous ne la connaissez pas, car ce roman solaire ne manque pas de surprises et de coups de théâtre. Souvent, la tension est extrême. Je crains toujours le pire… qui arrive parfois. Certains face à face sont terribles mais, surtout, après ce viol, débute une lignée avec ce Rocco Scorta Mascalzone dont Laurent Gaudé déroule brillamment l’histoire.

 

 

À chaque étape, le curé du village joue un rôle important, qu’il se nomme don Giorgio, don Carlo, don Salvatore à qui Carmela livre de très intéressantes confidences, ou encore don Lino. Quand les trois enfants de Rocco et de « la muette », Domenico, Giuseppe et Carmela grandissent, un seul gamin du village les fréquente. Il s’agit de Raffaele qui deviendra, par la suite, un vrai Scorta.

 

 

Alors, je me suis laissé emporter par la prose de Laurent Gaudé (photo ci-dessus), déjà apprécié dans La mort du roi Tsongor, Eldorado, La porte des enfers, Pour seul cortège, Écoutez nos défaites, Salina et Zem, sans oublier Chien 51. C’est un fameux conteur comme Le soleil des Scorta l’avait prouvé.

 

 

Avec brio, il rend hommage à cette région des Pouilles, au bord de la mer Adriatique, sur cette péninsule du Gargano où la vie est rude et le soleil torride. Seuls, les oliviers résistent et permettent de gagner sa vie avant que le tourisme s’épanouisse comme Laurent Gaudé le montre. Son ode à l’huile d’olive est particulièrement réussie.

 

 

Comment ne pas rappeler ce fameux repas sur un trabucchi, plate-forme en bois accrochée à la falaise où toute la famille se trouvait réunie pour dévorer une quantité impressionnante de fruits de mer et de poissons ? Tout cela, grâce à Raffaele ; une sorte d’apogée familiale, preuve de la réussite d’un clan, les Scorta.

 

 

Quand il parle du trafic de cigarettes avec l’Albanie, il ne tarde pas à faire prendre conscience de l’arrivée des migrants prêts à tout pour fuir la misère. Le terremoto, le tremblement de terre, est aussi un grand moment du livre avant que l’auteur livre de très justes réflexions sur la mort, la fin de vie. C’est philosophique, très pertinent, très émouvant et cela me touche beaucoup.

 

 

 

 

 

Le Soleil des Scorta est vraiment un Grand roman et, je me répète, je suis très heureux de l’avoir lu… enfin !

 

 

Jean-Paul

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M
Ca me donne envie de le relire, paru il y a plus de 20 ans déjà<br /> <br /> Danser les ombres est aussi très fort
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J
Vous avez raison, Martine, il faut tout lire de Laurent Gaudé !
M
Un roman magnifique que j'ai lu deux fois, à sa sortie et plus récemment pour le présenter sur mon blog en me replongeant dans l'ambiance...et je n'avais pas été déçu. Tu vois un grand roman ne se démode pas, il reste un grand roman des années après, c'est le cas de celui-ci qui avait bien mérité son prix Goncourt.
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J
Nous sommes complètement d'accord, Manou !
D
Coup de coeur absolu à la sortie de ce roman, je ne sais plus combien de fois je l’ai offert ou prêté ! <br /> D'ailleurs on ne me l’a jamais rendu je crois bien !!!
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J
Comme je ne l'avais pas lu, quand je suis tombé sur cette superbe édition Collector, je n'ai pas hésité et... je ne l'ai pas regretté !
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