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Stéphane Jordans : Seul le diamant est éternel

Seul le diamant est éternel    par  Stéphane Jordans.

Librinova (2025) 449 pages.

 

 

 

Seul le diamant est éternel de Stéphane Jordans, ce thriller très sombre mais ô combien palpitant a su m’emporter malgré sa noirceur et sa violence, sans doute, en partie parce qu’il s’inspire de faits réels.

 

2009 – Nous voilà en Belgique, à Anvers et plus particulièrement à La Bourse du diamant, où se négocient les plus belles pierres.

 

Un homme baraqué, avec un cou épais de taureau, dont il émane une force bestiale, est l’unique consommateur attablé au comptoir de la brasserie située face au centre diamantaire où le groupe de Lachaussaye doit présenter ce jour un magnifique diamant brut. La barmaid tente, en vain, d’engager la conversation. L’homme se lève brusquement en voyant une femme élégante et une adolescente élancée se diriger vers l’entrée de l’immeuble. Il paie sans prononcer un mot, traverse la rue, et s’engouffre dans le bâtiment le plus sécurisé d’Anvers.

 

Il n’en ressortira pas. Il est découvert assassiné dans les toilettes.

Nous n’en saurons pas plus pour le moment.

 

 

Retour à quelques années en arrière, en 1995, pour remonter le fil de ce meurtre inquiétant et incompréhensible qui prend racine à Mambovie, capitale  et unique port d’une petite île perdue au milieu de l’Atlantique, le Narumbie.

Depuis 1989, le pays est le théâtre d’une guerre civile effroyable entre les clans tribaux et les factions armées, marquée par des exactions inimaginables.

 

 

Si les Sudites ont été protégés par le président Georges Daniel jusqu’à son assassinat, ils ont ensuite été pourchassés, considérés comme des pestiférés et transformés en combattants au service du nouveau président Kennon de l’ethnie Nordite. Le seul but étant de contrôler les mines de diamant du nord du pays. Les Sudites deviennent alors des esclaves corvéables à merci dans ces mines. Les diamants bruts, diamants de sang, sont ensuite vendus au plus offrant et servent à financer les groupes armés.

 

 

Dans leur enquête, le commandant di Venice et son équipe vont ainsi tomber sur un véritable nid de serpents.

Ce n’est qu’horreur et barbarie avec ces enfants soldats capturés dès l’âge de six ans enrôlés de force et soumis à un apprentissage défiant toute imagination, cruauté insoutenable avec ces coutumes ancestrales et cette anthropophagie rituelle, et au cœur de tout ça les trafics de diamants.

 

 

C’est à une véritable plongée dans les méandres les plus noirs de l’âme humaine que Stéphane Jordans nous entraîne et cela avec beaucoup de talent, réussissant à faire de ce thriller, avec des passages à la limite du soutenable, un véritable page-turner.

 

 

Difficile en effet, et même impossible de deviner avant le dernier chapitre qui, de Axelle, la journaliste, Miriam son amie, Bixente le frère de Miriam, Anselme le diamantaire, Camilla, la Narumbienne capturée puis sauvée des griffes du « Général » ou encore Esteban ou Samuel, ces enfants soldats, a pu commettre le meurtre, même si le nom de la famille de Lachaussaye revient fréquemment.

 

 

Malgré la noirceur du sujet, l’auteure a su glisser quelques notes d’humour avec la paraphasie, ce trouble du langage, dont souffre Miriam, qui consiste à mettre de temps en temps un mot à la place d’un autre, nous permettant de respirer un peu.

 

 

J’avais beaucoup entendu parler des enfants soldats mais j’étais loin d’imaginer la monstruosité de leur formation, pas plus que l’impossibilité pour eux de revenir à une existence normale ensuite, après avoir été drogués et amenés à tuer leur propre famille.

 

 

J’ai beaucoup appris également sur ces diamants de sang, notamment cette mise en place, en 2003 du processus de Kimberley, l’obligation que son diamant soit certifié comme ne venant pas d’une zone de conflit afin d’éviter que l’argent ne serve à subventionner les guerres.

 

 

Des chapitres courts, une écriture vive, rythmée, quelques phrases en italique nous faisant part des pensées personnelles des protagonistes, de nombreux rebondissements, rendent ce roman absolument captivant.

 

 

Un seul bémol pour moi, les trop nombreuses références à la Bible
Il semblerait que ce cinquième thriller de Stéphane Jordans, que je remercie pour cette lecture passionnante, soit le dernier, ce que je trouve fort dommage et fort regrettable tant sa qualité est remarquable.

Ghislaine

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A
Votre billet est particulièrement attractif, en tout cas pour moi, Ghislaine. Vous avez fait une remarquable critique et m'avez vraiment donné envie de découvrir le sujet et l'auteur. <br /> Agnès (aa67 sur Babélio)
Répondre
J
Merci Agnès, votre commentaire me touche beaucoup. J'ai vraiment beaucoup apprécié ce thriller.
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