Catherine d'Oultremont : La Huppe et la reine de Saba
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La Huppe et la reine de Saba par Catherine d’Oultremont.
Edern éditions (2025) 229 pages.
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Avec La Huppe et la reine de Saba, Catherine d’Oultremont m’a offert un roman riche et dépaysant, une histoire ancienne, antique, avec des échos bien actuels, cette lutte pour le pouvoir entre le féminin et le masculin.
Trois grandes parties structurent cette histoire dont l’intérêt, pour ma part, est allé croissant. Makeda et Salomon, la première partie, a d’abord le mérite de présenter les deux personnages principaux auxquels j’ajoute Kadmilos. Makeda est la reine du royaume de Saba couvrant approximativement l’Éthiopie actuelle, pays que l’autrice connaît bien.
Makeda et son peuple vénèrent le Soleil et c’est une certaine Zewditou, une princesse royale, vieille aveugle, que je retrouverai plus tard, qui conte cette histoire à des enfants qui… se sont endormis… pas moi !
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C’est beau, c’est doux, surtout quand Makeda sort de son bain de lait tiède… Kadmilos, eunuque, masseur attitré de la reine, entre en scène et offre une séquence voluptueuse et très sensuelle. Je comprends qu’il regrette son émasculation mais, Catherine d’Oultremont (photo ci-dessous) le rappelle très justement, s’il n’avait pas été castré, il ne serait pas au plus près de la reine. Précision importante, Kadmilos est blanc et a des origines nordiques. Il avait été capturé par des pirates, vendu à Makeda, séduite par ses cheveux blonds et sa peau blanche.
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Comme je suis en pleine mythologie, je fais connaissance avec les lieux, cette termitière géante où vivent Makeda et ses suivantes, ses prêtresses, des jeunes filles, des matrones, sans oublier les pouponnières, les esclaves et le personnel des cuisines.
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On passe ensuite au royaume de David qui comprend Israël et la Judée. C’est là que règne Salomon, roi issu de luttes fratricides, un homme qui comprend le langage des oiseaux et ne rêve que de construire le plus grand temple, à Jérusalem, pour son Dieu qu’il nomme l’Éternel. Puisqu’on parle d’oiseaux, il y a cette fameuse huppe qui servira de messagère envoyée par Salomon à Makeda, la reine vierge dont il est amoureux.
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Au cours de ma lecture, je croise quantité de personnages bien mis en scène par l’autrice qui sait les faire vivre. Son écriture est dynamique, délicieuse, poétique parfois. D’ailleurs, elle peut citer un poème, s’inspire aussi de la Bible à l’occasion tout en réalisant une fiction très réussie. Elle précise que cela se passe durant l’âge de fer, entre 1200 ans et 550 ans avant notre ère.
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On arrive alors au cœur de l’histoire avec ce grand voyage entrepris par Makeda et une suite impressionnante afin d’aller rencontrer Salomon dans son royaume. Je n’en dis pas plus pour ne rien divulgâcher mais je constate encore le talent de Catherine d’Oultremont pour faire savourer à ses lecteurs toute la jouissance des corps lorsqu’ils sont en parfaite adéquation.
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La seconde partie, intitulée Le destin de Kadmilos propose d’émouvantes retrouvailles et explique le passé de cet eunuque, un homme à la mentalité exemplaire. On passe ensuite à la troisième et dernière partie, Ménélik et Zewditou. Elle permet à l’autrice d’ajouter à son talent une délicatesse remarquable pour parler de la vieillesse et de l’âge avancé de la reine. Arrive aussi un basculement regrettable vers le patriarcat.
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Catherine d’Oultremont le précise dans une Postface, elle a fait œuvre de fiction mais elle sait livrer de précieuses descriptions de la vie du peuple et des puissants, faisant aussi bien prendre conscience du défilement inexorable du temps.
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La lecture de La Huppe et la reine de Saba m’a enchanté, m’a emmené dans une époque peu fréquentée lors de mes lectures et je remercie sincèrement les éditions Edern pour ce livre de la collection « Les Romanesques », doté d’une très belle couverture..
Jean-Paul
