MENU

Erica Cassano : La grande soif

La grande soif    par  Erica Cassano.

Traduit de l’italien par Anaïs Bouteille-Bokobza.

Titre original : La Grande Sete.

JC Lattès (2026) 427 pages.

 

 

 

La grande soif, premier roman de la jeune autrice Erica Cassano, est inspiré de l’histoire de sa grand-mère.

 

 

C’est l’histoire d’Anna, une jeune femme de vingt ans arrivée à Naples avec ses parents, sa sœur et ses deux enfants, alors que la seconde guerre mondiale avait déjà commencé. Ils avaient dû tous quitter Gènes quatre ans auparavant, car le père et un de ses amis avaient défié le régime avec des tracts.

 

 

Depuis fin août 1943, Naples est en plein chaos, l’eau manque partout.

Sur la plage de Chiaia la bataille est rude et l’attente longue pour les Assoiffés, pour obtenir un seau, une bouteille ou une casserole d’eau filtrée.

 

 

Seule la maison où vivent Anna et sa famille est épargnée et l’eau sort toujours du robinet. Ils sont les seuls à ne pas mourir de soif et lorsque le père va disparaître, le secret n’ayant plus lieu d’être, c’est devant la Maison de l’eau que serpente la file des femmes qui cherchent seulement à étancher leur soif. Si l’eau manque aux Assoiffés, ce qui manque à Anna, c’est pouvoir désaltérer sa tête, vivre, pouvoir aller à l’université comme son père le lui avait promis, lire, s’épanouir dans une ville sereine.

 

 

Mais la réalité est toute autre, son père a disparu, sa mère s’est repliée sur elle-même, sa sœur et son  neveu sont malades, tout repose entre les mains d’Anna, l’avenir de sa famille dépend d’elle.

Quand les Américains arrivent, elle accepte un poste de secrétaire à la base américaine de Bagnoli, entrant dans un monde inconnu fait de promesses et de dangers.

 

 

L’immense intérêt de ce roman repose sur deux points. D’une part, il nous permet de suivre la lutte de cette jeune femme pour sa liberté et d’autre part, cette lutte s’inscrit dans un contexte historique également crucial pour les Napolitains. La grande soif fait en effet référence à la soif de liberté d’Anna et à son besoin d’émancipation mais aussi à l’insurrection populaire des Napolitains contre l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, aux Quatre journées de Naples du 28 septembre au 1er octobre 1943 qui ont mis ainsi en déroute les Allemands, ce, avant l’arrivée des Alliés.

 

 

Cette mise en parallèle d’une jeune femme et d’une cité qui espèrent gagner leur liberté, elles-mêmes, le souhait d’Anna fortement imbriqué dans l’avenir de Naples, donnent une force inouïe à ce roman.

 

 

Erica Cassano a su particulièrement bien retranscrire les sentiments d’amour, d’amitié, de haine aussi, le besoin de communiquer son ressenti, la sollicitude, les hésitations, les craintes, les peurs, les retenues imposées par son devoir familial qui animent l’esprit d’Anna et surtout cet appétit de vie, de connaissance, d’amour du savoir, plus fort que tout et sa détermination à acquérir son indépendance.

 

J’ai été séduite par l’histoire de cette Grande soif, cette soif de liberté d’Anna et de Naples. J’ai découvert avec fascination cette histoire de résistance du peuple napolitain entre Occupation et Libération, que je ne connaissais pas.

 

 

Bien qu’Anna soit la protagoniste principale du roman, La grande soif est néanmoins un roman choral avec des personnages très dissemblables et où chacun exprime sa colère à sa manière. J’ai particulièrement apprécié le père d’Anna, un homme très progressiste.

Parmi ces voix, d’ailleurs, même le Vésuve fera entendre la sienne, montrant par là, qu’il est aussi le maître de la ville.

 

Ce roman historique et initiatique sur l’émancipation des femmes est un roman puissant qui ne peut que nous inciter à toujours poursuivre nos rêves quelles que soient les difficultés rencontrées, à ne pas se décourager si les conditions extérieures sont hostiles et à ne pas se laisser intimider par ce que les autres attendent de nous.

 

 

Je remercie les éditions JC Lattès et Babelio pour m’avoir permis de découvrir La grande soif de Erica Cassano (photo ci-dessus).

Ghislaine

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
M
Je n'étais pas venue mettre un commentaire parce que j'étais en train de le lire :) Je le présente aujourd'hui et j'ai mis un lien vers ta chronique...Moi aussi je l'ai apprécié et j'ai appris beaucoup en le lisant sur l'histoire de Naples durant la seconde guerre mondiale...
Répondre
Thème Magazine -  Hébergé par Overblog