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Yves Ravey : Taormine

Taormine    par  Yves Ravey.

Les Éditions de Minuit (2022) 138 pages ; Poche/Double (2024) 128 pages.

 

 

 

Taormine, voilà un titre qui sentait bon l’escapade touristique en Sicile ! Mais ce roman de Yves Ravey qui nous fait découvrir un couple au bord de la séparation venant de sortir de l’aéroport de Catane-Fontanarossa et s’engouffrant dans une voiture de location pour rejoindre l’hôtel qu’ils ont réservé, espérant avec ce séjour, se réconcilier, ne permettra pas la visite tant escomptée de cette magnifique île méditerranéenne.

 

En effet, à quelques kilomètres seulement de l’aéroport, Melvil décide de quitter l’autoroute pour aller voir la mer, un souhait de Luisa, son épouse. Au moment de regagner l’autoroute, le temps est devenu sombre et pluvieux et sur un chemin de terre la voiture heurte violemment un objet non identifié.

 

 

Bien que le choc inquiète Luisa, Melvil minimise, affirmant qu’il s’agit sans doute d’un animal, qu’il n’a rien vu, et ils continuent leur chemin. Plutôt que d’aller directement à l’hôtel, le couple, jouant les autruches, préfère s’arrêter pour la nuit dans un petit village et ne regagner l’hôtel à Taormine (photo ci-dessus) que le matin suivant. 

 

 

Trouver un carrossier pour faire disparaître discrètement cette aile accidentée, Melvil n’a plus que cela en tête. Il s’en ouvre au serveur de l’hôtel qui lui propose aussitôt les services de son cousin garagiste.

 

 

 

En attendant sa disponibilité, le couple reprend son programme comme si de rien n’était et se rend à Agrigente visiter la vallée des temples (photo ci-dessous). Ils ont pourtant pris connaissance d’un article dans le journal acheté à la station signalant la mort d’un enfant devant la plage d’Arcireale, son corps retrouvé au milieu de la nuit, un enfant échappé d’un campement…

 

 

 

Le rythme lent, les personnages lâches que j’ai trouvés antipathiques dès le début, ce va et vient entre leur anxiété et leur je-m’en-foutisme, l’atmosphère trouble, sombre, oppressante m’ont étrangement déconcertée.

Photo ci-dessus : Yves Ravey.

 

L’écriture pourtant sobre et soignée ne m’a pas totalement convaincue et il m’a fallu attendre les dernières pages pour apprécier la manière dont l’auteur reprend les choses en main, refermant ce voyage, cet espoir de réconciliation transformé en cauchemar, en enveloppant ce couple cynique dans une véritable toile d’araignée, avec un retournement fabuleux pour une fin absolument jubilatoire.

 

Ghislaine

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Voilà un roman bien étrange en effet d'un auteur que je ne connais pas encore. Je ne sais pas trop qu'en penser...pour l'instant je passe j'ai tellement de lectures en retard et de chronique à rédiger que je suis dépassée ! Merci pour cette présentation.
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