Alain Mabanckou : Ramsès de Paris
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Ramsès de Paris par Alain Mabanckou.
Seuil (2025) 256 pages.
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Lire Alain Mabanckou, c’est se laisser porter, partir en voyage, bercé par une prose délicieuse dont la ponctuation a quasiment disparu. Il dit qu’il écrit comme il parle, se contentant des virgules. Pas de majuscules au début des phrases, pas de point et pourtant cela se lit très bien et c’est très agréable.
Pourtant, je m’y suis perdu un peu avec ce Ramsès de Paris, cet Égyptien réceptionniste dans un hôtel parisien. Il était venu d’Égypte grâce à une bourse du ministère de l’Éducation pour étudier la philosophie.
Ce n’est pas Ramsès de Paris le narrateur mais un jeune écrivain en herbe qui se fait appeler Berado. Son récit est truculent avec beaucoup d’anecdotes et c’est surtout révélateur à propos des conditions de vie de ces Africains venus vivre en France.
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Berado, comme Alain Mabanckou est originaire du Congo-Brazaville, la République du Congo. Il est certain que l’auteur a glissé dans son récit beaucoup d’éléments autobiographiques. Berado n’est-il pas un écrivain aussi ?
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Lorsque j’ai écouté Alain Mabanckou parler de Ramsès de Paris aux Correspondances de Manosque 2025, j’ai été encore une fois captivé par la verve de l’auteur de Petit piment, de Mémoires de porc-épic et de Verre cassé. Les anecdotes concernant le niveau d’éducation des jeunes Africains confrontés à des employeurs ignorant tout de la littérature étaient savoureuses. Cela fait d’ailleurs l’objet d’un chapitre de Ramsès de Paris.
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Je reviens donc à ce livre qui conte aussi les aventures d’un certain Benoît, un modèle pour Berado, un musicien qui rêve de faire carrière mais ne peut que se produire dans le métro parisien après de fortes désillusions dans son pays d’origine, le Congo.
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Sur la vie au Congo, Ramsès de Paris propose d’intéressantes tranches de vie, d’étonnantes relations familiales sur fond de légendes, de croyances auxquelles nous ne sommes guère habitués.
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Si Benoît ne réussit pas la carrière rêvée dans la chanson, il en est un peu de même pour Berado dans le monde littéraire. Il essaie d’écrire son premier livre mais, pour vivre, il doit rendre service, rédiger des lettres d’amour, des demandes d’embauche, des invitations à un mariage, des messages de condoléances, etc… un véritable écrivain public.
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Je n’oublie pas maman Lilwenn de Bretagne et maman Musahama, entre autres, les amours de nos héros, Benoît et Berado et, surtout, les 55 titres de livres choisis pour les 55 chapitres, livres apportés par Ramsès de Paris à Berado… mais je n’en dis pas plus.
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Ramsès de Paris est un roman plein d’humour et de rêve. La dérision a toute sa place et si le réalisme est bien présent, c’est tout de même le rêve qui l’emporte.
Jean-Paul
