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Antonio Muñoz Molina : Je ne te verrai pas mourir

Je ne te verrai pas mourir  par Antonio Muñoz Molina.

. Traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon.

Titre original : No te veré morir.

Seuil (2025) 232 pages.

 

 

 

Ils s’aimaient très fort et les voilà cinquante ans plus tard…

 

Gabriel Aristu est revenu chez Adriana Zuber, dans le quartier de Salamanca, à Madrid. Il retrouve les sons, les parfums qu’il n’a jamais oubliés alors qu’il vit aux États-Unis, à Manhattan, au bord de l’Hudson.

 

 

Si ma lecture est lancée, je me heurte vite à un gros problème : Antonio Muñoz Molina, l’auteur de Je ne te verrai pas mourir, s’est lancé dans une phrase interminable qui s’étale sur soixante-dix pages ! Jusqu’à cette page 70, aucun point, que des virgules, pas de majuscule. Pourtant, il y a des chapitres mais ils se concluent par une virgule avant de sauter au suivant. Voilà une façon étonnante de tout enchaîner, comme ces gens qui n’arrêtent pas de parler et ne vous laissent pas placer le moindre mot…

 

 

Pourtant, ce n’est ni Gabriel Aristu, ni Adriana Zuber qui s’exprime mais un narrateur qui replace l’histoire de ces deux personnages dans les années 1960 alors que la guerre civile qui divisa l’Espagne laisse encore de terribles traces.

 

 

Anne Serre, lors du Club des Critiques de la NRF des Correspondances de Manosque 2025, avait présenté ce livre signé par un auteur espagnol confirmé et j’étais motivé pour le lire.

 

 

Rapidement, je comprends que ces personnages vivent dans un monde très huppé où l’on côtoie les plus grands artistes, musiciens, peintres écrivains. Or, Gabriel Aristu est parti de l’autre côté de l’océan Atlantique pour faire carrière dans la finance, abandonnant celle qu’il aimait plus que tout, la laissant vivre avec un homme qui la répudiera, comme cela était possible encore dans l’Espagne de Franco. Elle aura une fille portant le même prénom et le même nom qu’elle, ce qui permettra de très émouvantes retrouvailles.

 

 

Quant à Aristu, il a épousé Connie aux States, a abandonné le violoncelle, instrument pour lequel il était très doué. Il parle de son père dont les souvenirs rappellent les ravages de la dictature franquiste…

 

 

Quand, enfin, le récit retrouve un tour plus classique, c’est un inconnu qui raconte. Je n’apprendrai que plus tard qu’il se nomme Julio Máiquez. Après un divorce le privant de sa fille, cet Espagnol débarque aux États-Unis, d’abord pour un semestre pour enseigner l’art pictural. Sa découverte du pays est intéressante et pleine d’humour. S’il a vingt ans de moins qu’Aristu, il est un ami de ce cadre supérieur d’une banque de Washington. Ce dernier lui permet d’obtenir un poste de professeur invité pour une chaire d’arts plastiques.

 

 

Après un long passage sur son père, Gabriel Aristu parle de son cancer et du violoncelle qu’il a repris jusqu’au moment où Julio Máiquez

 

 

J’avoue que tout cela est un peu lassant, que ça tourne souvent en rond jusqu’à ce qu’Antonio Muñoz Molina (photo ci-dessus) revienne à ces émouvantes retrouvailles entre deux amants qui sont passés à côté de leur amour. Ils sont âgés. Adriana est très faible mais la délicatesse, la précision, l’émotion, la tendresse et le réalisme du récit de ces moments uniques sont très forts.

 

 

Malgré une vie qui paraît plus que réussie, sa richesse, son appartement dans l’Upper East Side à New York, sa maison au bord de l’Hudson, son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et son violoncelle, Gabriel Aristu comprend qu’il est passé à côté d’un amour unique et se confie avec une franchise totale.

 

 

On en arrive enfin à la demande formulée à l’oreille de Gabriel Aristu par une Adriana toujours coquette, une Adriana sur laquelle veille Fanny

 

 

Avec Je ne te verrai pas mourir, Antonio Muñoz Molina a écrit un roman très intimiste tout en abusant des références les plus pointues dans le domaine artistique. Peut-être pour meubler ?

 

Au final, je n’ai pas été conquis par ce roman mais les soixante-dix premières pages me sont sûrement restées en travers, même si leur réalisation est une performance littéraire que je salue comme je salue le talent de la traduction signée Isabelle Gugnon.

 

Jean-Paul

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Il est dans ma médiathèque mais c'est justement parce que tu n'es pas le seul à avoir eu ce ressenti et ces bémols que pour l'instant je n'ai pas eu envie de le lire...
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