Ian Manook : Gangnam
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Gangnam par Ian Manook.
Flammarion (2025) 478 pages.
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Ian Manook m’avait déjà emmené en Mongolie, en Islande, au Canada, dans les steppes d’Asie de l’ex-URSS, sans oublier cette Arménie dont sont originaires ses grands-parents, mais n’avait pas encore exploré la Corée. C’est chose faite avec Gangnam, premier opus d’une nouvelle trilogie.
Gangnam, cet ex-flic n’est pas sans me faire penser à Yeruldelgger (Yeruldelgger, Les temps sauvages, La mort nomade) ou à Kornelius Jacobson (Heimaey, Askja, Krummanvisur), héros de ses précédents polars les plus récents.
Avec Gangnam, me voici donc à Séoul, en Corée du Sud mais avec deux Français, deux touristes, Madeleine et Marc Verneuil.
D’emblée, avec le marché aux poissons, sous une pluie tropicale, le ton… si j’ose écrire… est donné. Ian Manook confirme une fois de plus son immense talent pour plonger son lecteur dans une ambiance particulière. Les poissons, les fruits de mer, je les vois, je les sens…
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Décrire, faire sentir, c’est bien mais je n’oublie pas que je lis un polar et l’auteur me le rappelle aussitôt car Madeleine Verneuil, Mado, qui attendait patiemment son mari dans une voiture de location, n’est plus là lorsque celui-ci revient. Plus de Madeleine et plus de voiture !
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J’apprends vite que Verneuil est un ex-flic qui se consacre à son nouveau métier, celui d’écrivain de… polars… tiens, tiens… Il panique, bien sûr, tente tout ce qui est possible pour retrouver sa femme avant qu’intervienne Gangnam, enfin ! Ce dernier sauve d’ailleurs Verneuil de la colère des gens qu’il perturbe dans leur travail, ces gens qui ne comprennent rien à ce qu’il crie, très énervé, on veut bien l’admettre.
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Au passage, j’ai déjà pu lire quelques indications à propos de la gastronomie locale. Régulièrement, Ian Manook détaille avec précision ce que l’on peut manger en Corée du Sud mais je m’abstiendrai de citer tous ces mots du cru… qui n’évoquent rien pour moi alors que l’auteur n’oublie pas de préciser saveur et vertus des plats proposés.
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En fait, Gangnam se nomme Lee Min-ho, exactement comme un acteur de cinéma célèbre du pays et cela lui vaut des remarques pas toujours sympathiques. Son passé dans la police est assez équivoque puisqu’il a été infiltré dans la mafia et que certains lui en veulent, le soupçonnant de complicités avec des gens très puissants en Corée du Sud. S’ajoute à cela un immense chagrin d’amour causé par Gabrielle, une française.
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Voilà un autre personnage, secondaire celui-là, l’inspectrice Joon, femme arrogante, méprisante, que Gangnam va réussir à manipuler très habilement. C’est elle qui a envoyé balader le pauvre Verneuil paniqué par la disparition de sa femme.
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Une autre policière bien plus importante entre en scène. Elle n’a que 26 ans et se nomme Park Chin-sun, un nom qui signifie « celle qui cherche la vérité », patronyme fort bienvenu dans son cas. Ses tenues, son franc-parler, sa vivacité vont faire beaucoup de bien à l’enquête qui débute car c’est elle qui en a hérité, Joon n’en voulant pas… au début. S’ajoute un certain procureur bien dépassé par les événements.
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L’histoire est donc bien lancée et va être pleine de rebondissements, de coups de théâtre avec de nombreux cadavres car, une fois de plus Ian Manook (photo ci-dessus) exprime tout son talent dans Gangnam. Au passage, il n’hésite pas à faire preuve d’humour, même dans les pires circonstances.
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Je note au passage que l’auteur, comme à son habitude, titre chaque chapitre avec les derniers mots de celui-ci, ce qui excite formidablement la curiosité. Il souligne à plusieurs reprises la spéculation immobilière effrénée et détaille le parcours à suivre pour le petit mafieux qui veut monter en grade.
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Enfin, il ne faut pas que j’oublie le nœud du problème, ce fameux Choiwoo, charismatique leader du goupe de K-pop, Darkan ; cette musique dont j’ignore tout, se développe à une vitesse exponentielle grâce aux réseaux sociaux, comme le démontre bien Ian Manook. Impossible d’en dire davantage afin de ne pas divulgâcher une histoire qui m’a emmené aussi dans le monde sans pitié des mafias qui se livrent une lutte impitoyable sur fond de corruption ravageant tous les milieux.
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Au final, Ian Manook a démontré, une fois de plus qu’il avait beaucoup d’imagination, qu’il savait se documenter à la perfection, désorienter son lecteur, l’intriguer et le captiver jusqu’au bout. Maintenant, il me reste à repartir en Corée du Sud avec le second opus de la trilogie : Minjung… après avoir pris un peu de repos dans un hanok, maison traditionnelle coréenne où Gangnam et Gabrielle aimaient tant vivre d’amour…
J'adresse un grand merci aux éditions Flammarion pour leur confiance.
Jean-Paul
