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Pierre Lemaitre : Les Belles Promesses

Les belles promesses    par  Pierre Lemaitre.

Calmann-Levy (2026) 512 pages.

 

 

Et voilà, toutes les meilleures choses ont une fin ! Pierre Lemaitre a mené au bout sa tétralogie intitulée Les Années glorieuses. Après Le Grand Monde, Le Silence et la Colère et Un Avenir radieux, je viens de dévorer Les Belles Promesses.

 

Encore une fois, Pierre Lemaitre ne m’a pas déçu même si, par moments, il m’a un peu lassé… mais, en maître du suspense, il sait tellement bien conduire sa barque que je ne peux lui en tenir rigueur.

 

Que vient faire ce Manuel Ramos débarquant brusquement au milieu de la famille Pelletier ? Ce fils d’émigré espagnol va connaître la guerre d’Algérie, devra encaisser une terrible déception amoureuse, voir le remembrement ravager la biodiversité, échouer dans son projet de création d’une coopérative laitière – il était en avance – pour, finalement, jouer un rôle important dans Les Belles Promesses.

 

 

Ces années 1960 poussent notre pays vers une modernité effrénée et nous y croyions, une bétonisation à outrance qui ne s’est finalement jamais vraiment arrêtée. Dans Les Belles Promesses, Pierre Lemaitre fait vivre cette période avec toutes ces transformations grâce au vécu de la famille Pelletier.

 

 

Alors, j’ai suivi les aventures de cette famille qui avait réussi à Beyrouth - la fameuse savonnerie Pelletier - avant de rentrer en France. Angèle n’a plus son mari mais, à 70 ans, elle est la mamie qui tente de veiller sur les trois enfants qui lui restent : Jean, dit Bouboule, François, journaliste marié à Nine, et Hélène. Dès que j’évoque Jean, impossible d’éviter Geneviève, odieuse au possible, prête à toutes les bassesses, à tous les coups fourrés pour faire triompher ses intérêts ou même pour supprimer le chat Joseph que Colette, sa fille, adore.

 

 

Ainsi, dans Les Belles Promesses, la vie de Geneviève et Jean, avec leurs enfants, Colette et Philippe, occupe une part importante, surtout si je n’oublie pas tante Thérèse qui vit chez eux, adore Petula Clark, et qui est exploitée comme une domestique par sa sœur, Geneviève.

 

 

Colette, à 14 ans, est malheureuse. Elle regrette ses années libanaises quand ses grands-parents, Angèle et Louis, s’occupaient d’elle et de Philippe, de deux ans son cadet. Justement, celui-ci, entre dans la puberté et sa sexualité s’éveille à vitesse grand V grâce aux charmes de… tante Thérèse qui, bien malgré elle, se révèle d’un attrait érotique irrésistible pour le garçon qui fait preuve d’une ingéniosité étonnante.

 

 

Avec son écriture toujours aussi captivante, Pierre Lemaitre ne ménage pas les surprises car François, frère cadet de Jean, soupçonne son frère. Ce dernier, les volumes précédents l’ont raconté, m’a fait frémir d’horreur en assassinant des femmes, meurtres atroces, pulsions terribles dont Jean n’a pas eu à rendre compte devant la justice. L’enquête minutieuse de son frère occupe une partie de ce quatrième volume.

 

 

Si la chaîne de magasins Dixie appartenant à Jean et Geneviève qui la dirige d’une main de fer, vend toujours des fringues au plus bas prix, l’auteur s’attache surtout aux grands travaux du périphérique parisien.

 

 

Quand on voit cela aujourd’hui, cela paraît tout normal mais, et c’est le grand mérite de l’auteur, il ne faut pas oublier tous les drames sociaux causés par les expulsions permettant de démolir quantité d’immeubles, de maisons et donc, de logements. Bien sûr, on a tenté de reloger ces gens mais Les Belles Promesses n’engagent que ceux qui veulent y croire… L’auteur le montre bien grâce à des cas très concrets.

 

 

Je ne dois pas oublier le sauvetage héroïque réalisé par Jean dans un immeuble en feu, au début du livre. Le sort de ce bébé arraché aux flammes va donner un feuilleton journalistique palpitant, révélateur du rôle d’une certaine presse, remplacée aujourd’hui par les réseaux dits sociaux.

 

 

En m’emmenant plusieurs fois dans des directions différentes, parfois surprenantes, Pierre Lemaitre (photo ci-dessous) a créé du suspense et m’a souvent obligé à me poser des questions, idéal pour une lecture addictive. Les surprises en sont d’autant plus fortes.

 

 

Cette tétralogie, Les Années glorieuses, a été une réussite supplémentaire à mettre au crédit de Pierre Lemaitre qui, peut-être, pourrait se lancer dans une nouvelle aventure littéraire pour… notre plus grand plaisir.

 

 

Un GRAND  MERCI à Ingrid pour m’avoir permis de terminer l’aventure des Années glorieuses !

Jean-Paul

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