Marie-Sabine Roger : Dernière visite à ma mère
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Dernière visite à ma mère par Marie-Sabine Roger.
L’Iconoclaste (2021) 134 pages.
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Dernière visite à ma mère est un récit intime signé Marie-Sabine Roger et pourtant il me touche au plus profond de mon être car j’ai vécu sensiblement les mêmes événements avec ma mère, récemment.
De cette autrice, j’avais lu et apprécié La tête en friche, Loin-confins, Vivement l’avenir et Dans les prairies étoilées. Son écriture soignée m’avait à chaque fois impressionné par sa justesse, sa pertinence, sa délicatesse. Avec Dernière visite à ma mère, j’ai retrouvé tout ça avec, en plus, une intimité et des confidences émouvantes.
D’emblée, Marie-Sabine Roger parle à sa mère : « Tu as des vérités émouvantes… ». Elle rappelle que sa mère vivait seule, à 83 ans, dans un petit appartement, depuis qu’elle avait dû quitter sa maison qu’elle habitait encore après la mort de son mari.
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Quitter ces lieux où elle ne pouvait plus vivre, fut un déchirement car elle y avait passé cinquante années de sa vie, avec toute sa famille dont sa fille, bien sûr. Ma mère, nous disait toujours qu’elle partirait en maison de retraite – elle ne disait jamais Ehpad – quand elle ne pourrait plus monter ses escaliers, elle qui a élevé sept enfants dont je suis l’aîné. Hélas, c’est un AVC qui en a décidé autrement.
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La franchise dont fait preuve Marie-Sabine Roger (photo ci-dessus) à propos des rapports mère-fille est émouvante. Elle parle des problèmes de mémoire, de l’incontinence, des redites… Elle décrit aussi sa vie à l’Ehpad, ses visites, trop rares, ses tentatives pour faire remonter les souvenirs mais rien à faire, le temps passe et tout s’amenuise.
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Cette femme qui avait une passion pour les mots ne parle presque plus, de moins en moins, exactement comme ce qui s’était passé pour son père. Arrive enfin l’inéluctable, la fin de cette vie qui nous attend tous, tôt ou tard. Même si je sais que cela approche, l’annonce est un choc terrible comme Marie-Sabine Roger l’exprime si bien.
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Et la vie continue malgré ces moments encore si précieux auprès du corps sans vie de sa maman. De mon côté, je voulais l’embrasser tout en lui parlant, me souvenant de la fois où, après un baiser, elle (photo ci-dessous) m’avait dit, en souriant, « T’es gentil », comme ça, alors qu’elle ne parlait pratiquement plus. Souvenir inoubliable tant que la vie consciente m’anime ; souvenir d’une fin de vie qui ne doit pas effacer tout ce qui a précédé alors que le temps file à une vitesse impressionnante.
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Dernière visite à ma mère est un livre qu’il faut lire et dont je n’avais pas entendu parler lors de sa publication. Émouvant, précis, touchant au plus près de l’intime, il a été, pour moi, un intense retour en arrière poussant à une indispensable réflexion sur cet amour maternel si précieux pour chacun de nous : pleurer, regretter, aimer mais rester uni au-delà de la mort !
Jean-Paul
