Mario Vargas Llosa : Je vous dédie mon silence
-
Je vous dédie mon silence par Mario Vargas Llosa.
Prix Nobel de Littérature.
. Traduit de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan et Daniel Lefort.
Titre original : Le dedico mi silencio.
Gallimard / du monde entier (2025) 285 pages.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_357d3e_9782073079879-475x500-1-682dc24739c342.jpg)
Il n’est jamais trop tard pour bien faire rappelle un précieux proverbe que j’ai appliqué en lisant enfin un livre de Mario Vargas Llosa, Prix Nobel de Littérature 2010.
Je vous dédie mon silence est le dernier roman écrit par ce grand écrivain péruvien, membre de l’Académie française et auréolé d’une somme impressionnante de titres. Il est, par exemple, Docteur honoris causa de vingt-deux universités dont celles de Reims, Paris III, Rennes II, Bordeaux, Pau…
Décédé à 89 ans, le 13 avril 2025, à Lima, Mario Vargas Llosa laisse une œuvre littéraire impressionnante ne se limitant pas à de nombreux romans mais y ajoutant des pièces de théâtre, des essais et deux autobiographies. À la fin de Je vous dédie mon silence, titre prémonitoire, il envisage d’écrire à propos de Jean-Paul Sartre mais je n’ai pas trouvé trace d’un ouvrage à ce sujet.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_569c22_mario-vl.jpg)
Alors, j’ai enfin lu Mario Vargas Llosa (photo ci-dessus), traduit pas son fidèle Albert Bensoussan et Daniel Lefort. Au début, j’ai cru suivre l’histoire d’un certain Toño Azpilcueta mais j’ai été surpris de rencontrer l’auteur lui-même au cours d’intermèdes fort instructifs.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_3576c1_r.jpg)
Toño Azpilcueta est un érudit en musique criolla, « musique autochtone et authentique ». Il espérait obtenir la chaire de folklore national à l’université de Lima. Mais, faute de réunir suffisamment d’étudiants, cette chaire a été supprimée. Toño enrage et on le comprend. Matilde, son épouse, travaille comme blanchisseuse et ravaudeuse pour tenter de faire rentrer un peu d’argent car son mari n’est guère préoccupé par cela. Il travaille à une thèse qu’il abandonne à la suppression de la chaire qu’il convoitait. Heureusement, il ne détruit pas toutes ses fiches, au cas où…
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_513e6d_valser-mario.jpg)
C’est alors que le professeur José Durand Flores l’appelle pour l’inviter à une soirée où le guitariste Lalo Molfino doit se produire. Toño qui n’est ni guitariste, ni chanteur, ni danseur est un vrai passionné de musique péruvienne et gagne tout de même un peu d’argent… trop peu…en écrivant des articles dans des revues spécialisées et en donnant des cours au collège d’El Pilar où sont scolarisées ses deux filles.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_866990_musicos.jpg)
Cette invitation pour écouter le meilleur guitariste du Pérou le surprend car il ne le connaît pas, lui, le spécialiste qui, il faut tout de suite le dire, souffre d’un mal difficile à définir. Dès qu’il est excité, nerveux ou impatient, il a l’impression que des rats se promènent partout sur son corps et se gratte frénétiquement.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_badd96_chiclayo.jpg)
Enfin, voilà cette fameuse soirée où il a été invité. Après plusieurs musiciens apparaît enfin Lalo Molfino, fort bien décrit. Ce métis de Chiclayo (photo ci-dessus) ravit Toño par sa maîtrise extrême de la guitare. C’est, pour lui, un miracle de jouer ainsi et il se promet d’écrire le meilleur article de sa vie à propos de ce musicien hors-pair qui disparaît trop vite aussitôt sa prestation terminée.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_b54f77_valser.jpg)
Intervient alors le premier chapitre informatif de l’auteur qui traite de la valse péruvienne, la valse criolla. Mario Vargas Llosa offrira ainsi, à intervalles plus ou moins réguliers, de très intéressantes informations à propos de cette musique qui, pour lui, permet de réunir tous les Péruviens et même d’autres peuples sud-américains, quelles que soient leurs opinions politiques.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_c1bfa8_lima-2.jpg)
Heureusement, Toño Azpilcueta réapparaît car son histoire, sa quête, m’intéresse et je suis curieux de savoir où sa recherche à propos de Lalo Molfino, va le mener. En suivant Toño, j’apprends beaucoup sur la vie péruvienne, son histoire où se mêlent indigènes et hispaniques.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_b11b54_valse-criolla.jpg)
Surtout, Toño est fasciné par Cecilia Barraza, une chanteuse célèbre, et il se fait une joie de lui confier les résultats de ses recherches qui devraient lui donner l’occasion d’écrire un livre.
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_245f64_vargas-llosa-u22075382767ifu-624x700-a.jpg)
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_fdb927_chancay.jpg)
Mario Vargas Llosa écrit tout cela avec beaucoup de douceur s’affirmant pour un métissage maximum unifiant les Péruviens autour de cette fameuse valse criolla. Lui, le fan absolu de la corrida trouve même le moyen de reconnaître que le taureau souffre dans l’arène ! Quant à l’analyse complète de l’huachafería, je préfère vous renvoyer à la lecture de Je vous dédie mon silence, livre à la fois émouvant et très instructif qui donne vraiment envie de manger ces chancays (photo ci-dessus, brioche ronde) à la gelée de coing que l’ami Toño apprécie déguster, surtout en compagnie de Cecilia Barraza…
/image%2F3417118%2F20260522%2Fob_95255b_oip.jpg)
Jean-Paul
