Marion Fritsch : L'école de la vie
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L’école de la vie par Marion Fritsch.
Albin Michel (2026) 171 pages.
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S’il est un livre qui fait du bien, c’est sûrement L’école de la vie de Marion Fritsch ! S’il fait du bien, ce n’est vraiment qu’à la fin car le réalisme de l’autrice ne rassure guère au fur et à mesure qu’elle dresse les portraits de ses camarades de la Terminale STMG (Sciences et Technologies du Management et de la Gestion) de son lycée, à Cachan.
A priori, je n’aime pas trop ce procédé d’écriture, ce récit présenté sous la forme de poèmes, avec des mises en page éclatées, des mots qui parfois virevoltent sur une page. Eh bien, Marion Fritsch m’a fait changer d’avis. Elle m’a emmené dans son histoire, réussissant à me passionner, à piquer ma curiosité pour savoir jusqu’où elle m’emmenait avec tant de spontanéité et de sincérité.
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Avec une présentation de sa banlieue, elle rappelle tout le plaisir que l’on prend à changer les noms « pour que ça claque ! » Cachan devient K-chan, Villejuif, Villefeuj, Le Kremlin-Bicêtre, KB, Vitry-sur-Seine, Vitry City et le Val-de-Marne (94), le 9-4…
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Si son père lui a dit qu’elle allait avec les K-sos en STMG, voilà qu’elle nous les présente un à un et c’est à la fois émouvant, instructif, inquiétant à lire mais tellement juste.
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Se succèdent alors les portraits d’Antoine, Adama, Samy, Rachid, Inès, Sophie, Pia, Jean-Martin, Pierre-Nicolas, Thomas, Fanny, Clara, Amalia, Naëlle, Sabri, Lili et Pablo. Habilement, Marion Fritsch ne se contente pas de faire défiler un trombinoscope mais me fait vivre une année au lycée sans négliger son environnement, sa banlieue, les aînés, les grands de la Cité Bleue.
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Je rencontre aussi les profs qui ont bien du courage pour s’accrocher, même si certains sont souvent absents ou en retard. Le manque de personnel se fait aussi ressentir lorsqu’une absence n’est pas signalée aux élèves.
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Les luttes sociales s’invitent aussi avec le blocage du lycée, les manifs contre la réforme des retraites et… la charge des CRS.
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Pourtant, ces profs peuvent organiser un weekend à Valençay, tenter de motiver chacun pour lire L’Assomoir d’Émile Zola, emmener leurs élèves à la Comédie Française pour voir Les Fourberies de Scapin… Même si toutes ces initiatives pédagogiques ne les emballent pas, Marion Fritsch prouve, en fin d'ouvrage que tout n’aura pas été vain.
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Pour finir, je reviens à la mise en page audacieuse avec ce portrait, cette silhouette d’Adama la diva, ou encore ces mots sur une page comme dispersés par un essuie-glace. L’autrice réussit même une page dont la taille des caractères s’amenuise au fil des lignes pour montrer un peu plus ce désespoir devant l’incertitude pour l’avenir de chacun.
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Marion Fritsch parle aussi de ses origines et affirme qu’elle aura toujours un pied dans sa banlieue, même si elle l’a quittée. Son second livre, L’école de la vie, prouve tout son talent, sa capacité à jongler avec les mots comme lorsqu’elle livre un déferlement de verbes et d’expressions pour représenter la danse improvisée par Aminata, Bintou et Camille dans la cour du lycée.
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Photo ci-dessus : Le château de Valençay.
Malgré tous les handicaps sociaux, les difficultés d’apprentissage, les incompréhensions, la violence, cette jeunesse ne demande qu’à s’affirmer et n’attend qu’une chose, qu’on lui fasse confiance. Sans minimiser les problèmes mais tout en en évacuant certains, Marion Fritsch (photo ci-dessous), pour son premier roman, donne de l’espoir et me rassure un peu quant à l’avenir…
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Enfin, je remercie cette jeune autrice pour sa confiance.
Jean-Paul
