Benjamin Brière : Azadi
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Azadi par Benjamin Brière.
1 079 jours otage en République islamique d’Iran (récit).
Robert Laffont (2025) 393 pages.
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Azadi (Liberté) est un récit impressionnant, captivant, émouvant et révoltant. Benjamin Brière, grand voyageur à bord de son van, a été arrêté, en Iran, dans la nuit du 27 au 28 mai 2020, dans la province du Khorasan-e-Razavi, par six militaires.
Lui qui aime tant ce pays et en parle toujours avec beaucoup de chaleur tout en rendant hommage à ces Iraniennes et ces Iraniens qui vivent un cauchemar interminable, se retrouve condamné à 8 ans et 8 mois pour espionnage et propagande.
Une épreuve terrible commence et, avec l’aide de Camille Anseaume, il restitue ce qu’il a vécu, ces 1 079 jours passés dans les geôles des mollahs, lui qui ne rêvait que de beaux paysages et de sites à découvrir.
Il me fait d’abord visiter ce van bien aménagé au volant duquel, au départ de Lyon, il a traversé l’Europe jusqu’au Moyen-Orient. Une carte retrace son parcours dans le précieux carnet de photos inséré dans Azadi.
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Habilement, le récit de ce qu’il subit à partir de son arrestation alterne avec des souvenirs, ce qui permet de respirer un peu. Très vite, Benjamin Brière parle de Blandine (photo ci-dessous), sa sœur, qui aura un rôle admirable, essentiel, se battant sans relâche pour faire libérer son frère.
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Afin de se présenter tout simplement dans chaque pays traversé, il affiche un tableau sur lequel il a écrit, par exemple en persan : « Bonjour, je suis français et voyage avec ma maison en Iran. »
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Son visa, parfaitement en règle, est accordé pour un mois. Il est renouvelable deux fois. Qu’importe ! On le place avec d’autres dans un dortoir et il subit quantité d’interrogatoires, est molesté, déplacé d’une prison à l’autre, accepte de vivre dans une crasse immonde, peine beaucoup à manger une nourriture infecte et doit tenter de commencer à apprendre le persan.
Il a 35 ans. On lui jette à la figure des mensonges. On lui pose toujours les mêmes questions. On lui assène des accusations infondées, des propos incohérents.
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Ce qui le fait souffrir le plus c’est de ne pas pouvoir prévenir immédiatement Blandine, une frangine maman de jumeaux qu’il ne voit pas grandir. Au consulat, on s’occupe de son cas mais rien ne bouge…
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Alors, pour résister, Benjamin convoque « la boîte à archives » afin de tenter de revivre les souvenirs heureux. À intervalles assez réguliers, je suis surpris par un poème en prose qui s’adresse à « Elle » dont le mystère est bien gardé jusqu’à la fin. Tout cela permet de respirer un peu car ce qu’il subit est atroce, inhumain, dans ces prisons où il n’est pas seulement privé de liberté mais réduit tout simplement à l’état d’objet que l’on manipule, maltraite et…il le devine… que l’on garde afin de pouvoir l’échanger avec des terroristes iraniens arrêtés en France, en Europe.
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Au cours de ce temps infini, malgré des périodes terribles passées à l’isolement, il rencontre de belles personnes comme Matjaba (19 ans). Il réussit, malgré quelques interruptions absurdes, à travailler le cuir, à fabriquer des objets, motivant ceux qui le veulent pour en faire autant. Hélas, il faut le dire, certains de ses codétenus sont exécutés à intervalles réguliers. On comprend aussi pourquoi la drogue fait des ravages et Benjamin résiste.
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Azadi est un récit qu’il faut lire pour comprendre ce qui se passe là-bas dans ces prisons qui servent d’abord à éliminer les opposants au régime et à maintenir la population sous sa coupe. L’actualité récente a démontré toute l’horreur d’une répression féroce.
Benjamin Brière (photo ci-contre) n’oublie pas de parler de ceux qui subissent le même sort que lui comme Cécile Kohler et Jacques Paris ou encore Bernard Phelan qui sera libéré en même temps que lui.
Azadi, un récit infiniment précieux, m’a profondément touché. S’il confirme ce que nous croyons savoir déjà, il est avant tout un témoignage indispensable qui n’oublie pas le rôle ambigu des autorités françaises dans les premiers temps de la détention de l’auteur. Il est clair que la médiatisation orchestrée par Blandine et soutenue par beaucoup de monde a contribué à ce que Benjamin Brière retrouve Azadi, la liberté.
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Jean-Paul
